Tavaillon

Le Bardeau, tavaillon ou tavillon est une sorte de planchette de bois : revêtement servant à protéger des intempéries les toitures et les façades.



Catégories :

Architecture savoyarde - Jura (département) - Écoconstruction - Architecture et urbanisme du développement durable - Développement durable - Couverture (construction)

Recherche sur Google Images :


Source image : alpes-photos.com
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Définitions :

  • tavaillons - (bardeaux)  : ce sont des petites planchettes de bois utilisées pour la toiture ou le bardage. D'une épaisseur de 0, 5cm à peu près, elles sont ... (source : immo-bois)
Tavaillonneur fabriquant des tavaillons avec un départoire.
Toit de tavaillons près d'Abondance (Chablais français)

Le Bardeau, tavaillon ou tavillon (en Suisse romande) est une sorte de planchette de bois : revêtement servant à protéger des intempéries les toitures et les façades.

Les tavillons ou tavaillons (suivant la région ou le pays d'origine) ou bien toujours ancelles (dans le Jura), sont des planchettes de bois refendues dans le fil, elles sont employées pour la couverture des toits ou des murs.

L'origine du tavillon semble remonter au XIIIe siècle (Dictionnaire Le Robert) dans le Jura Suisse, quant à son cousin savoyard, le tavaillon, il lui serait postérieur. Cependant, la couverture des toits avec planchettes de bois, remonte au néolithique.

Leurs dimensions et leurs formes sont variables suivant les régions :

Ils sont habituellement cloués avec ou sans pré percage, mais quelques fois posés comme en Franche-Comté. Ils sont , dans ce cas lestés avec de grosses pierres ou maintenus en place par des rondins. Dans les deux cas ils sont posés avec un recouvrement vertical et avec (ou sans) recouvrement latéral. On en compte le plus souvent près de 100 unités au m² mais jusqu'à 250 unités (recouvrement latéral). À noter qu'en Norvège, le tavaillon local, plus épais, en bois rouge de Furu (Spon), est fixé avec chevilles de bois.

Ce sont des éléments respectant les traditions de couverture et de façade, surtout dans le Jura, dans les Alpes, en Creuse, dans les Pyrénées, sur l'Île de la Réunion, en Corse ou en Suisse.

À épaisseur égale, les toitures en bois sont 10 fois plus isolantes que la tuile, 20 fois plus que l'ardoise, 35 fois plus que la pierre ; en effet, de l'ensemble des matériaux de toiture, le bois est de très loin, le meilleur isolant thermique. Or la méthode de pose des tavaillons par recouvrement (vertical, latéral ou les deux) crée des épaisseurs variant de 5 à 12 cm... ce qui accroît d'autant le différentiel thermique avec les autres matériaux énormément plus fins.

Le bois choisi dépend de la région : l'épicéa ou mélèze dans les zones montagneuses, chêne ou châtaignier en plaine. Les bardeaux réunionnais sont réalisé à partir de Tamarin des Hauts, Bois de benjoin, Bois de fer, camphrier, filao, de natte[1].

Leur durée de vie est variable et fonction :

Le pire ennemi du tavaillon est l'humidité et les champignons lignivores. Pour accroître la durée de vie du toit, on peut retourner les tavaillons. Cependant, on considère que les toitures réalisées en chêne ou châtaigner peuvent atteindre 100 ans, 80 ans pour le mélèze, 40 ans pour le pin et 25 ans pour l'épicéa ou le sapin.

Processus de fabrication

Les tavaillons sont des tuiles de bois fendues avec des outils spécifiques. On trouve des tavaillons sciés qui résistent moins longtemps, la fibre du bois étant interrompue, l'eau y pénètre plus aisément. Les tavillonneurs travaillent le bois vert.

Les outils respectant les traditions sont :

Utilisation

Au Moyen Âge, l'utilisation des tavaillons était particulièrement courante et formait, avec le chaume, la majeure partie des couvertures. Progressivement avec la naissance des moyens de transport en volume, ces toitures sont remplacées par des toitures en tuiles de terre cuite, en ardoises, ou alors même en tôles, pour des raisons tant économiques que pratiques. En zone de montagne (Jura et pays de Savoie), cette pratique a continué. Une enquête patrimoniale et architecturale a montré que le tavaillon est solidement ancré dans l'histoire de l'architecture des pays de Savoie. Cette technique ancienne suscite un important regain d'intérêt depuis les années 1970.

Façade en tavaillons d'une maison du Haut-Jura
Église polonaise.
Maison respectant les traditions du Haut-Doubs près de Morteau
Maison respectant les traditions du Haut-Jura près des Rousses

Au contraire de une idée reçue, consommer du bois ne détruit pas les forêts européennes mais concourt à leur régénération ainsi qu'à développer leur intérêt économique. L'utilisation du tavaillon est dorénavant régi en France par un cahier des règles professionnelles tant au niveau de sa fabrication que de sa pose. Le Centre technique du bois et de l'ameublement a aussi officialisé l'utilisation du tavaillon en épicéa pour la couverture des toits. Cette réglementation est indispensable car il n'existe pas un savoir-faire unique et figé, qui plus est , il était important de faire reconnaître cette technique par les assurances et les bureaux de contrôle.

Le poseur de tavaillons se nomme le tavillonneur.

Aujourd'hui, en Pays de Savoie, plus de 120 000 m2 de toitures sont couvertes chaque année de tavaillons surtout dans les secteurs des Aravis, d'Abondance et du Massif du Mont-Blanc. La surface couverte a doublé en cinq ans et une enquête marketing a montré que 74 % des occupants de logements couverts de tavaillons n'auraient pas préféré un autre matériau.

Quelques toits du Mont Saint-Michel sont recouverts de tavaillons qui viennent des villages du Haut-Doubs.

Nouvelle mode

Longtemps délaissés, ils reviennent à la mode, en partie grâce à la convergence de plusieurs facteurs : la recherche de l'«authentique», du naturel et du typique dans l'utilisation des matériaux, la préservation du patrimoine et leur correction avec les nouvelles valeurs du développement durable, de la protection de l'environnement et de l'écocitoyenneté.

Le tavaillon a pour lui des arguments importants, tels l'authenticité, l'esthétisme, la durabilité, le confort hygrométrique et acoustique, le respect de l'environnement et du patrimoine.

Voir aussi

Liens externes

Notes

  1. BOIS sur flore-reunion. com

Recherche sur Amazone (livres) :




Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Tavaillon.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 09/12/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu