Sommet de la Terre 2002

Le Sommet de la Terre 2002 s'est tenu du 26 août au 4 septembre 2002, à Johannesbourg en Afrique du Sud. Sommet mondial du développement durable organisé par les Nations unies, il a réuni plus de cent chefs d'État...



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Pilotage du développement durable - Développement durable - Événement en rapport avec le développement durable - Rencontre internationale - XXIe siècle - 2002

Le Sommet de la Terre 2002 s'est tenu du 26 août au 4 septembre 2002, à Johannesbourg en Afrique du Sud. Sommet mondial du développement durable organisé par les Nations unies, il a réuni plus de cent chefs d'État et à peu près 60 000 personnes, parmi lesquelles des délégués, des représentants d'ONG, des journalistes et des entreprises.

Les objectifs

Cette troisième édition visait à faire le bilan du précédent Sommet de la Terre, tenu à Rio de Janeiro en 1992. Centré sur le développement durable, sa finalité résidait dans l'adoption d'un plan d'action en 153 articles décomposés en 615 alinéas sur de nombreux sujets : pauvreté et paupérisation, consommation, les ressources naturelles et leur gestion, globalisation, respect des Droits de l'homme, etc.

Thèmes d'études

Certains thèmes spécifiquement préoccupants ont été au cœur des débats de ce sommet.

Accès à l'eau et stress hydrique

Tandis que la consommation mondiale ne cesse de croître, surtout avec l'émergence de Nouveaux Pays Industrialisés (N. P. I.) comme l'Inde et la Chine, les ressources en eau deviennent des facteurs sociaux, économiques et politiques majeurs et critiques, sources de conflits potentiels.

Ainsi le Sommet de la Terre 2002 fut le lieux de débats et d'orientations sur la gestion de ces ressources, l'obligation d'une consommation rationnelle, et l'accès des populations démunies à l'eau potable. Un des objectifs fut de diminuer d'ici 2015 la population ne disposant pas d'assainissement correct des eaux usées.

Le dossier des énergies

L'énergie fut un autre dossier sensible étudié lors de cette édition. Les pays du Nord, surtout les États-Unis d'Amérique, sont régulièrement montrés du doigt pour leur surconsommation d'énergie, et les NPI peinent à satisfaire leur demande. Les réserves d'énergies fossiles sont menacées d'épuisement dans les prochaines décennies, et les cours du pétrole le rendent prohibitif pour les pays du Sud.

Malgré ce contexte de tensions économiques mondiales, les énergies renouvelables et leur utilisations restent confidentielles et hors de prix pour bon nombre de pays émergents.

Production agricole

La productivité agricole par l'agriculture intensive suscite quelques remous dans la communauté scientifique et chez les consommateurs. En sus de la régression et de la dégradation des sols, cette méthode de production provoque, par l'usage d'engrais et de pesticides, une pollution des produits finaux et des nappes phréatiques. D'autres dispositifs de production agricole ont connu un engouement, telle l'agriculture biologique, mais reste hors de portée des pays du Sud qui peinent quelquefois à s'autosuffire.

Biodiversité des espèces animales

Sous l'effet de la pression démographique, de nombreuses réserves écologiques voient leur surface grignotée ou leur existence menacée par les obligations économiques des pays. Ainsi de nombreuses espèces végétales et animales disparaissent sous l'effet de la déforestation ou de la destruction de leur milieu.

Santé

Tandis que les laboratoires recherchent de nouveaux principes actifs parmi les espèces des pays du Sud, nombre de ceux-ci n'ont toujours pas accès aux pharmacopées des pays développés, privant de soins des populations entières fréquemment confrontées aux fléaux du Sida et du paludisme.

Une portée symbolique

Le Sommet de la Terre présente un enjeu symbolique important. Il se veut la preuve du développement d'une culture mondiale de respect de l'écologie mais est marqué, d'un point de vue français, par le cri pessimiste lancé par Jacques Chirac devant l'assemblée plénière : «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs».

Il vise à démontrer la capacité collective à gérer les problèmes planétaires ainsi qu'à s'opposer à une version unilatérale de la puissance principale, celle des États-Unis. Il affirme l'obligation d'une croissance devant se faire dans le respect de l'environnement, avec le souci de la santé, de l'instruction et de la justice.

L'enjeu politique du Sommet est aussi important dans la mesure où il s'agit de démontrer que la guerre contre le terrorisme n'est pas l'unique problème mondial actuel.

Polémiques

Inertie des grandes puissances

Le gouvernement des États-Unis n'avait pas souhaité participer au Sommet. L'Union européenne indiqua à l'ouverture du Sommet de la Terre qu'elle ne renégocierait pas les accords récemment conclus à Monterrey (Mexique) ainsi qu'à Doha (Qatar). Ces accords portaient sur les montants d'aides publiques au développement (APD) et sur la libération du commerce mondial. Elle estima que le Sommet de la Terre n'était pas le lieu de négociations pour le démantèlement progressif des subventions des pays développés.

Deux dossiers-clés bloquèrent l'adoption d'un Plan d'action :

Certains points ont été complexes à négocier. Ainsi, les États-Unis s'opposèrent à la mention du principe de précaution dans le texte, ainsi qu'à l'évocation, même indirecte, du Protocole sur la biosécurité, qui concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM). Ils refusèrent aussi l'adoption d'objectifs chiffrés sur l'énergie ou la dépollution de l'eau.

Libéralisme humanitaire

Les pays du Nord entendirent impliquer les entreprises privées en mettant en place des partenariats entre gouvernements et entreprises privées. L'ONU avait d'ailleurs rendu publique une liste de partenariats, passés avec des entreprises ayant reçu son aval comme respectueuses de l'environnement. Les partenariats sont connus sous le nom de Type II agreements.

Certains, surtout des représentants d'ONG, protestèrent alors contre l'attitude des États-Unis et de l'Union européenne, qui défendaient, selon eux, les intérêts des multinationales. Énormément virent cette solution, promue par Washington, comme une manière pour l'État de renoncer à ses responsabilités.

Des coûts au Sommet

Le Sommet de Johannesburg coûta 33 millions d'euros à l'Afrique du Sud, et 47 millions d'euros à l'Organisation des Nations unies, soit 80 millions d'euros au total.

Cette somme pourrait représenter :

Catherine Kamping, a d'ailleurs fait remarquer lors des déclarations de clôture que tandis qu'un tiers de la planète gagne moins d'un dollar par jour, ils ont passé dix jours dans ce paradis de richesse pour aboutir à des résultats décevants. [1]

Notes et références

  1. Sommet mondial pour le développement durable - 17e séance plénière - 4 septembre 2002

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"de la Terre dit « Sommet"

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