Recyclage

Le recyclage est un procédé de traitement des déchets qui sert à réintroduire, dans le cycle de production d'un produit, des matériaux qui composaient un produit identique arrivé en fin de vie, ou des résidus de fabrication.



Catégories :

Écogeste - Développement durable - Gestion des déchets - Industrie - Génie mécanique

Définitions :

  • Action de recycler c'est-à-dire de récupérer un produit usagé et de le réintroduire dans un cycle de fabrication en vue d'obtenir un produit neuf. (source : fnh)
  • procédé consistant à valoriser la matière à l'état des déchets (source : isocele)
  • Ensemble de procédés de régénération d'une matière (surtout son utilisation pour apporter un produit ou un service) qui serait... (source : ec.gc)

Le recyclage est un procédé de traitement des déchets (déchet industriel ou ordures ménagères) qui sert à réintroduire, dans le cycle de production d'un produit, des matériaux qui composaient un produit identique arrivé en fin de vie, ou des résidus de fabrication. L'un des exemples qui illustre ce procédé est celui de la fabrication de bouteilles neuves avec le verre de bouteilles usagées.

Le recyclage a deux conséquences écologiques majeures :

C'est une des activités économiques de la société de consommation. Certains procédés sont simples et bon marché mais, à l'inverse, d'autres sont complexes, coûteux et peu rentables. Dans ce domaine, les objectifs de l'écologie et ceux des consommateurs se rejoignent mais quelquefois divergent ; c'est alors le législateur qui intervient. Ainsi, surtout depuis les années 1970, le recyclage est une activité importante de l'économie et des conditions de vie des pays développés.


Depuis 1970,
Le ruban de Möbius
est le logo universel des
matériaux recyclables

(à ne pas confondre,
en Europe,
avec le Point vert)

Bouteilles en plastique prêtes pour le recyclage
Article connexe : Trois R.

Le recyclage s'inscrit dans la stratégie de traitement des déchets dite des trois R :

  • Diminuer, regroupe les actions au niveau de la production pour diminuer les tonnages d'objets (par exemple les emballages) susceptibles de finir en déchets.
  • Réutiliser, regroupe les actions servant à réemployer un produit usagé pour lui donner une deuxième vie, pour un usage semblable ou différent.
  • Recycler, sert à désigner la totalité des opérations de collecte et traitement des déchets servant à réintroduire dans un cycle de fabrication les matériaux qui formaient le déchet.

Le recyclage apporte une contribution importante à la baisse des quantités de déchets à stocker ou incinérer, mais il n'est pas suffisant pour contrer l'augmentation de la production des déchets, ou y suffit à peine. Ainsi, dans le cas du Québec, l'importante hausse du taux de recyclage, passant de 18 % à 42 % entre 1988 et 2002, est allée de pair avec une augmentation de la quantité de déchets à éliminer par habitant, passant de 640 à 870 kg/an/personne, du fait d'une augmentation de 50 % de la production par habitant durant cette même période. En France, le volume de déchets a doublé entre 1980 et 2005, pour atteindre 360 kg/an/personne.

Pour lutter contre l'augmentation des déchets, le recyclage est par conséquent indispensable, mais il doit être inclus dans une démarche plus large.

Le recyclage est utilisé dès l'âge du Bronze. À cette époque, les objets usagés en métal sont fondus pour récupérer leur métal pour la fabrication de nouveaux objets. Dans l'ensemble des civilisations, l'art et la manière de «faire du neuf avec du vieux» existent. A titre d'exemple, les vieux chiffons, puis les papiers et cartons, sont récupérés pour faire de la pâte à papier. La situation change avec le développement progressif puis massif de l'industrialisation et de la consommation. La gestion des matières premières et des déchets devient progressivement de plus en plus complexe, les unes devenant trop rares et les autres trop envahissants.

Ramasseurs de déchets dans un bidonville de Jakarta en Indonésie.

En 1970, le recyclage est mis en avant par des partisans de la défense de l'environnement qui lancent le logo actuel pour marquer les produits recyclables et les produits issus de matériaux recyclés.

La situation évolue progressivement. Les consommateurs se sensibilisent à l'étiquette «produit recyclable» qui est reconnaissable grâce au logo (à ne pas confondre avec le Point vert qui, en Europe, atteste du paiement d'une taxe par le fabricant mais n'indique aucunement que le produit est recyclable).

Le recyclage se généralise dans l'industrie qui s'organise pour le faciliter. Le ramassage des déchets ménagers par récupération sélective se développe pour favoriser l'industrialisation du recyclage. Les gouvernements légifèrent pour encadrer ces diverses activités. A titre d'exemple, en 2006, les pays développés mettent en place un dispositif d'achat de l'électricité produite par le traitement des déchets, telle que l'incinération des ordures ménagères.

Le recyclage suit cependant l'organisation mondiale de la consommation. La situation dans les pays développés n'est pas celle des pays en développement. Dans ces derniers, en l'absence de meilleur dispositif, c'est la récupération informelle qui sert à recycler une partie des déchets.

Législation européenne relatives aux déchets

Usine de traitement de déchets

En 2007, la production, le stockage, le traitement et le recyclage des déchets est désormais encadré en Europe par une législation de plus en plus élaborée.

L'incinération des déchets dangereux est l'objet de la Directive n° 2000/76/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 décembre 2000. Le stockage de déchets industriels spéciaux est définie par la Directive n°1999/31/CE du 26 avril 1999 concernant la mise en décharge des déchets et la Décision de la Commission n° 2000/532/CE du 3 mai 2000 mais aussi la Décision 94/904/CE du Conseil établissant une liste de déchets dangereux.

La qualité de l'air est quant à elle protégée par le Règlement du Parlement européen et du Conseil CE 2037/2000 du 29 juin 2000 sur les substances qui appauvrissent la couche d'ozone, et par la Décision du Conseil du 25 avril 2002 qui est l'Approbation, au nom de la Communauté européenne, du protocole de Kyoto à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et l'exécution conjointe des engagements qui en découlent.

Il existe trois grandes familles de techniques de recyclage : chimique, mécanique et organique.

  • Le recyclage dit «chimique» utilise une réaction chimique pour traiter les déchets, par exemple pour séparer certains composants.
  • Le recyclage dit «mécanique» est la transformation des déchets avec une machine, par exemple pour broyer.
  • Le recyclage dit «organique» consiste, après compostage ou fermentation, à produire des engrais ou du carburant tel que le biogaz.

  • Étape 1 : Collecte de déchets

Les opérations de recyclage des déchets débutent par la collecte des déchets.

Dans les pays développés, les ordures ménagères sont le plus souvent incinérées ou enfouies en centres d'enfouissement pour déchets non dangereux. Les déchets collectés pour le recyclage ne sont pas conçus pour l'enfouissement ni à l'incinération mais à la transformation. La collecte s'organise en conséquence.

La collecte sélective, dite aussi «séparative» et fréquemment nommée à tort «tri sélectif»[1] est la forme la plus commune pour les déchets à recycler. Le principe de la collecte sélective est le suivant : celui qui jette le déchet le trie lui-même.

À la suite de la collecte, les déchets, triés ou non, sont envoyés dans un centre de tri où différentes opérations mécanisées permettent de les trier de façon à optimiser les opérations de transformation. Un tri manuel, par des opérateurs devant un tapis roulant, complète fréquemment ces opérations automatiques. Avant ce stade, le verre brisé est toujours écarté pour éviter les risques de blessure.

  • Étape 2 : Transformation

Une fois triés, les déchets sont pris en charge par les usines de transformation. Ils sont intégrés dans la chaîne de transformation qui leur est spécifique. Ils entrent dans la chaîne sous forme de déchets et en sortent sous forme de matière prête à l'emploi.

  • Étape 3 : Commercialisation et consommation

Une fois transformées, les matières premières issues du recyclage sont utilisées pour la fabrication de produits neufs qui seront à leur tour proposés aux consommateurs et consommés.

En fin de vie, ces produits seront certainement jetés, et certains d'entre eux pourront être à nouveau récupérés et recyclés.

  • Exemple de recyclage pour le verre :

L'eau est un bien naturel qui est indispensable à la vie et fortement consommé, mais dont les ressources sont limitées. Dans les pays développés, elle est recyclée et une part de l'eau consommée est issue d'eaux usées, assainies et redistribuées. La gestion de ce recyclage des eaux usées nécessite des infrastructures et une exploitation toutes deux lourdes, le plus souvent confiées à des entreprises spécialisées dans le traitement et la distribution d'eau ou au palier de gouvernement local.

Produit Procédé
Eau Récupérée et transportée par les réseaux d'égout.

Traitée dans des stations d'épuration pour être à nouveau consommée.

Ferraille avant traitement et recyclage

Les déchets usuels inertes sont produits par les ménages et les industries. Ils forment la part la plus large des déchets recyclables. Ils sont fréquemment simples à collecter ainsi qu'à transformer. Ils sont peu dangereux. Par contre, ils représentent des volumes importants à transporter ainsi qu'à stocker.

Produit Procédé
Acier Repris en l'état par des sociétés de récupération de métaux.

Fabrication des pièces de moteur, des outils, des boîtes de conserve, etc.

Aluminium Repris en l'état par des sociétés de récupération de métaux.

Fabrication des canettes, du "papier" d'emballage, des constituants d'automobile (culasses, jantes, boîtes de vitesses, etc.

Caoutchouc Repris en l'état par des sociétés de récupération.

Les pneus hors d'usage sont utilisés pour produire des bacs à fleurs, des tréteaux, des panneaux d'insonorisation, des tuiles de revêtement de sol, de l'asphalte caoutchoutée, etc.

Carton Repris en l'état par des sociétés de récupération.

Fabrication d'autres types de papier et de carton.

Gravats Repris en l'état par des sociétés de récupération.

Broyés sous forme de granulats employés à nouveau dans le secteur de bâtiment ou le secteur industriel.

Papier Repris en l'état par des sociétés de récupération.

Fabrication d'autres types de papier et de carton.

Plastique Repris en l'état par des sociétés de récupération.

Fabrication de sacs, de récipients et couvercles pour produits non alimentaires, de meubles de jardin, de vêtements, de jouets, de mobilier urbain, de clôtures, de tuyaux, de pièces d'automobile (pare-chocs, batteries, etc. ), d'éléments de signalisation routière, de cônes de voirie, etc.

A noter que depuis avril 2008, la réglementation européenne autorise, en production de matériaux pour contact alimentaire, l'emploi de matériau recyclé qui a été au contact alimentaire. Une grande rigueur est imposée dans le tri et le procédé de régénération.

Textile Repris en l'état par des sociétés de récupération.

Fabrication de textile et de pâte à papier.

Verre Repris en l'état par des sociétés de récupération.

Refonte des articles en verre pour en faire des neufs.

Brique alimentaire Repris en l'état par des sociétés de récupération.

Les briques broyées, lavées, essorées et séchées, sont triées en papier / alu et PE. Le PE est transformé en bidon, bouteille, tuyau, etc.

Equipement électrique et électronique Les appareils sont récupérés, démantelés, déchiquetés et broyés, au moyen d'une chaîne. Les fragments valorisables sont récupérés sous forme de métaux ferreux, non-ferreux, câbles, plastiques, etc.

Incinérateur de déchets

Les plus connus de ces déchets sont les huiles et les peintures. L'incinération avec valorisation énergétique est un des procédés employés pour les recycler. Elle permet la production d'énergie et la destruction des déchets peu combustibles.

Produit Procédé
Déchet liquide à composante minérale.

Tels que déchets de revêtement de surface, boues résultant du travail des métaux, dépollution d'eau, etc.

Traitement physico-chimique minéral : neutralisation des acides et des bases, transformation des produits toxiques solubles en composés insolubles précipités au sein de la solution, séparation des solides et des liquides par décantation ou par filtre.
Déchet liquide polyphasique.

Tels que résidus de lavage et de dégraissage des cuves et des sols.

Traitement physico-chimique organique en deux étapes : séparation par décantation et séchage par incinération.
Déchet organique.

Tels que huile, peinture, vernis, etc.

Incinération avec valorisation énergétique : production d'énergie et destruction des déchets peu combustibles.

Avant rejet à l'atmosphère, les gaz restants sont traités au charbon actif par adsorption, et neutralisés[2].

Incinération avec valorisation énergétique : production d'énergie et destruction des déchets peu combustibles.

Transformateur HT - Refroidissement pyralène

L'industrie produit une grande quantité de déchets dangereux.
Ce sont pour la majorité des produits comprenant des substances chimiques toxiques ou instables. Les déchets toxiques sont dangereux pour la santé et pour l'environnement. La manipulation de déchets instables entraîne des risques d'accidents graves.

Produit Procédé
Boue de déchets industriels
Chauffage des déchets dans l'objectif d'en diminuer la masse et de valoriser les sous-produits. Il s'agit de techniques de séchage ou de séchage par incinération en utilisant différentes technologies. La vapeur issue du séchage peut être recyclée comme source de chaleur dans le procédé à partir d'une chaudière. Suivant les résidus obtenus par séchage, ceux-ci peuvent être stockés pour une utilisation ultérieure.
Déchet liquide biodégradable

Tels que les eaux issues d'un traitement physicochimique, eaux de pollution accidentelle, etc.

Traitement biologique qui consiste à transformer la matière organique en une boue par des moyens physiques. Les micro-organismes dégradent et assimilent certaines substances organiques par sécrétion d'enzymes. La boue biologique est extraite de l'eau par décantation ou flottation. Pour accélérer le processus de dépollution dans les procédés aérobiques, on utilise un apport d'oxygène (de l'air ambiant, ou pur) dans les bassins.
Hydrocarbure liquide

Les hydrocarbures liquides sont surtout des résidus de nettoyage de fond de bac ou des concentrats huileux provenant d'opérations physico-chimiques (filtration, décantation).

Séparation de l'eau, des hydrocarbures et des sédiments par des procédés physiques (décantation, débourbage, centrifugation, filtration).

Valorisation thermique des hydrocarbures récupérés.

Hydrocarbure solide

Concerne les hydrocarbures pâteux et ou solides tels que les déchets d'hydrocarbures issus de raffinerie et de dépôts pétroliers ;
ou tels que les déchets pétroliers d'activités portuaires : boues de station de déballastage, boues de curage de bassins, déchets de marée noire, etc.

Les déchets d'hydrocarbures sont mélangés à des réactifs neutralisants. Ce processus lent produit une séparation des hydrocarbures sous forme simple (CO2, H2O). Combinée avec des réactifs, cette matière sous forme physique homogène devient stable, hydrophobe, oléophile et commode à entreposer.

La matière finale servira comme terre de recouvrement, absorbant oléophiles, ou incorporée aux enrobés routiers.

Métal

Concerne les métaux tels que fûts, conteneurs, emballages légers, mâchefers, sels d'argent de bains photographiques, etc.

Les fûts, conteneurs, emballages légers (en fer blanc) qui ne sont pas réutilisés en l'état après nettoyage sont compactés et transportés aux aciéries).

Les mâchefers, dépollués et enlevés de tout élément métallique sont réutilisés par l'industrie métallurgique.
Les sels d'argent sont stockés et transférés dans un réacteur agité, pour précipiter le sulfure d'argent. Après séparation, on obtient une boue qui sera calcinée pour la récupération de lingots d'argent.

Incinérés et détruits à particulièrement haute température dans des unités spécifiques. Dans certaines unités, le chlore contenu dans le PCB est recyclé par incinération, sous forme d'acide chlorhydrique.
PCB desTransformateurs et condensateurs contenant du pyralène. Chaque appareil ou équipement est vidé de son contenu liquide, démonté, et traité suivant la nature des parties actives, noyaux, bobines, cuve, etc. Après décontamination, le cuivre et le papier sont scindés et réemployés.
Solvant

Cétones, hydrocarbures aliphatiques, méthylbenzène, esters, glycols et solvants chlorés (trichloroéthane) issus d'activités industrielles légères (ateliers de réparation automobile) ou lourdes (métallurgie, construction automobile).

La régénération de solvants utilise la distillation simple, puis par distillation fractionnée sur colonne, pour séparer les différents constituants des solvants usés.

Après distillation, les solvants sont «séchés». L'eau résiduelle est extraite par fixation sur un support ne réagissant pas chimiquement avec le solvant.
Valorisation thermique des hydrocarbures récupérés.

Déchets toxiques en quantités dispersées

Nettoyage des plages polluées

Certains déchets toxiques sont mélangés en faible quantité à des produits non polluants. Il est alors impossible de recycler ces produits sans les avoir débarrassés des déchets toxiques.






Produit Procédé
Lixiviat Valorisation du biogaz de décharge afin d'évaporer les lixiviats et d'oxyder thermiquement les vapeurs.

L'objectif est de proposer un traitement «zéro rejet liquide» et d'adapter une technologie souple et susceptible de traiter tout type de lixiviats. Etapes de traitement :

  • Combustion du biogaz par torchère
  • Récupération de l'énergie contenue dans les gaz
  • Évaporation de l'eau
  • Traitement par oxydation thermique des vapeurs issues de l'évaporation
Pile alcaline et pile saline 1/ Préparation au traitement mécanique. Le procédé utilisé est un procédé hydrométallurgique (attaque chimique/traitement à froid) qui permet une valorisation de 80% des composants de la pile.

A la réception des lots, les piles sont triées pour séparer les piles salines et alcalines traitées sur place. Les autres modèles (piles boutons) sont dirigées vers des installations spécialisées. Les piles sont broyées afin d'obtenir un mélange, puis tamisé pour séparer les poudres de charbon, de zinc, de manganèse, de potassium, de mercure, des autres parties plus denses. Ces dernières sont dirigées vers un séparateur magnétique qui extrait la partie métallique (fer) revendue à l'industrie métallurgique, et vers un séparateur à courant de Foucault qui dissocie, le papier et le plastique, du cuivre et du zinc.
2/ Préparation au traitement chimique. La poudre de pile est attaquée à l'acide sulfurique et le magma obtenu est filtré sur filtre presse. On obtient deux produits différents : un résidu carboné composé de graphite et un liquide contenant des sulfates mixtes dissouts dans l'eau.
Le mercure est extrait de ce liquide sous forme métallique à une pureté de 99%, par un procédé nommé "cémentation", et est envoyé ensuite en affinage. Le liquide purifié est neutralisé puis concentré et évaporé afin d'obtenir des sulfates de zinc et de manganèse en poudre, produits finis directement commercialisables. Le mercure, le zinc et le ferromanganèse sont extraits des piles et réutilisés dans la fabrication de nouveaux produits.

Sédiment provenant de marée noire

Sédiments provenant de marées noires tels que tout déchet ramassé sur une côte polluée en hydrocarbures.

Les déchets organiques sont lavés avec un solvant adapté, puis rincés. Le sable récupéré servira de sable de recouvrement, ou sera incorporé aux enrobés routiers. Les hydrocarbures extraits contribuent à la valorisation thermique et énergétique.
Sol pollué

Tel que les anciennes décharges.

Les techniques de traitement et de reconstitution des sites et sols pollués sont appliquées selon les polluants en présence, par forage, échantillonnage et analyse.
Tube fluorescent Les tubes en verre et les culots métalliques sont démontés, scindés, stockés dans des conteneurs spécifiques avant la phase de démercurisation. Le verre et les poudres sont récupérés et les parties métalliques sont cédées à des spécialistes du retraitement des métaux.

Impact du recyclage dans l'industrie

Source d'approvisionnement alternative

Le recyclage des déchets offre une source d'approvisionnement en matières premières alternative aux autres sources. A titre d'exemple, le recyclage de fil de cuivre permet d'obtenir du cuivre auprès des entreprises de recyclage et non des entreprises d'extraction.
Le recyclage offre aux entreprises les bénéfices de la multiplicité des sources d'approvisionnements telles que la facilité de négociation des prix d'achat ou la sécurité des approvisionnements.

Le recyclage est une activité économique à part entière. Elle est le moyen de création de richesses pour les entreprises de ce secteur.

En théorie, presque l'ensemble des matériaux sont recyclables. En pratique, l'absence de filière rentable fait qu'ils ne sont pas tous recyclés. Ainsi, le recyclage est plus coûteux pour des appareils électroniques comme les ordinateurs, car il faut séparer les nombreux composants avant de les recycler dans d'autres filières. Qui plus est la crainte de récupération de données confidentielles freine l'envie de recycler les anciens ordinateurs dans les foyers ou entreprises ; dans un sondage, sur 110 responsables informatiques, 42% ont dit que leur principal sujet de préoccupation est la sécurité des données, contre 25% pour l'environnement. 15% ont reconnu jeter leur vieux matériel à la poubelle[5]..

Le recyclage suppose de trier les déchets selon le mode de recyclage auquel chacun d'eux sera soumis. Ceci exige une main-d'œuvre abondante, même quand un tri sélectif est effectué en amont par la population. En effet, il arrive qu'un second tri soit indispensable dans un centre d'affinage pour éliminer les erreurs de tri et les impuretés qui pourraient compromettre le recyclage (c'est le cas du plastique et du verre).

La collecte sélective elle-même exige la mise à disposition des ménages de bacs spéciaux et emploie plus de personnes qu'une collecte simple.

La plupart de ces coûts supplémentaires sont à la charge de la collectivité (en France, par exemple, c'est au niveau de la commune ou de la communauté de communes que cela est géré). Les impôts locaux en tiennent compte, mais d'autres sources de financement existent : l'écotaxe et le point vert sur les emballages.

Conséquences sur les produits issus du recyclage

Pour certains types de produits, la qualité de la matière première est altérée par l'opération de récupération de celle-ci dans les produits recyclés. Par exemple :

  • le recyclage du papier donne des fibres de papier plus courtes et un papier de moins bonne qualité (ce qui ne permet qu'une dizaine de recyclages successifs).
  • le recyclage de certaines matières plastiques contaminées par des polluants ne permet plus de les utiliser pour en faire des emballages alimentaires.
  • un des problèmes du recyclage du verre est le dépôt, au fond des fours, des verres de type Pyrex qui ont un point de fusion différent du verre ordinaire. Ces dépôts abîment les fours.

Cependant, pour la majorité des matières premières contenues dans les déchets (métaux, verre, certains plastiques), les qualités sont conservées au travers du processus de recyclage, donnant la possibilité un recyclage quasi infini de celles-ci.

Néanmoins, la chimie intervient de plus en plus dans la fabrication de matériaux issus du recyclage. Les produits qui en résultent ont des caractéristiques de durabilité et de résistance qui peuvent même être supérieures à celles de certains matériaux naturels. Ainsi, on voit des maisons bâties avec des dérivés du recyclage du bois, mélangés ou recouverts par des résines polyuréthanes ou autres. Le résultat est étonnant, donnant une résistance aux intempéries ainsi qu'aux U. V. supérieure à celle du bois. Il en va de même pour le papier recyclé, dont la pâte désencrée et mélangée à certains produits chimiques donne un matériau particulièrement résistant, utilisé par exemple dans la fabrication de mobilier urbain. Dans ce dernier domaine, de plus en plus de fabricants utilisent des matériaux issus du recyclage.

Impacts du recyclage sur l'environnement

Protection des richesses naturelles

Les bénéfices économiques et environnementaux du recyclage sont énormes : il sert à protéger les ressources, de diminuer les déchets, de créer des emplois, de protéger la nature et d'économiser les matières premières.

Le recyclage sert à diminuer l'extraction de matières premières :

  • l'acier recyclé permet d'économiser du minerai de fer ;
  • chaque tonne de plastique recyclé permet d'économiser 700 kg de pétrole brut ;
  • le recyclage de 1 kg d'aluminium peut économiser à peu près 8 kg de bauxite, 4 kg de produits chimiques et 14 kWh d'électricité ;
  • l'aluminium est recyclable à 100% ; 1 kg d'aluminium donne 1 kg d'aluminium (après avoir été fondu).
  • chaque tonne de carton recyclé fait économiser 2, 5 tonnes de bois ;
  • chaque feuille de papier recyclé fait économiser 1 l d'eau et 2, 5 W d'électricité en plus de 15 g de bois.

De nombreux critères sont à prendre en compte pour juger de la pertinence du recyclage et établir ce qu'on nomme l'écobilan. C'est pour cela qu'en France, les pots de yaourt, par exemple, ne sont pas acceptés par la collecte sélective  : il n'y a pas suffisament de matière à récupérer pour rentabiliser le recyclage, il faudrait trop d'eau ou de vapeur pour les débarrasser des résidus alimentaires, gras ou sucrés. Au Québec cependant, ils sont recyclés. Il faut par conséquent se poser les questions suivantes :

  • Comment la collecte est-elle organisée ? Quelle énergie nécessite-t-elle ?
  • La technique de recyclage est-elle plus économe en matière et en énergie que la fabrication de la matière première ?
  • Les débouchés sont-ils rentables ?

Si on prend l'exemple du papier recyclé, on constate que pour éliminer l'encre au moment du recyclage, on utilise du chlore, un blanchissant particulièrement polluant pour nos rivières et qui se dégrade difficilement. Le papier "gris" (peu désencré) nécessite moins de chlore, mais n'est pas forcément adapté aux utilisations courantes. L'idéal est d'utiliser des feuilles qui plus est faible grammage. Du papier à 60 g/m² convient idéalement pour des imprimantes classiques et en plus cela diminué le poids de son transport, par conséquent la consommation de pétrole.

Le recyclage du verre pose aussi des problèmes, car il est lourd et nécessite par conséquent énormément de carburant pour son transport. Il faut en outre le fondre à 1 550 °C pour le recycler. L'idéal serait de privilégier le dispositif des consignes, mais les industriels rechignent à organiser des récupérations non rentables d'un point de vue commercial.

D'un autre côté, la consigne des bouteilles ou des pots en verre demande aussi énormément de logistique (transport des bouteilles de façon à ne pas les casser, tri par type de bouteille, etc. ) et de nettoyage avant leur réemploi. L'écobilan n'est par conséquent pas si aisé que ça à établir.

La méthode la moins polluante consiste en tout état de cause à produire le moins de déchets envisageables (recyclables ou non) et de privilégier les circuits courts (achats de produits locaux), compatibles avec l'idée de réutilisation. Le tri des déchets, et par conséquent leur recyclage, n'interviendra qu'après épuisement de ces solutions.

Les installations de traitement des déchets résiduels ultimes vouées à la valorisation énergétique sont peu satisfaisantes car, même si elles sont équipées de filtres, elles produisent des volumes énormes de rejets gazeux, liquides et solides dispersés ensuite dans l'environnement. Ces rejets contiennent surtout des métaux lourds, des dioxines, des COV (Composé organique volatil), du méthane et du CO2.
Au lieu de rejeter du méthane qui contribue fortement au réchauffement de la planète, on préfère le plus souvent le brûler dans une torchère, ou, mieux, le valoriser en chaudière ou moteur pour produire de la chaleur ou de l'électricité. On ne rejette tandis que le gaz de combustion contenant essentiellement du CO2 dont l'impact est moindre que celui du méthane, cela contribue par conséquent, selon les connaissances actuelles, à préserver quelque peu la planète, au prix d'un investissement plus élevé.

  • ORDIF - Observatoire Régional des Déchets d'Ile-de-France

  1. «Tri sélectif» est une tautologie car, par définition, Trier, c'est Sélectionner, et vice versa
  2. Directive 94/67/CE du 16 décembre 1994 relative à l'incinération de déchets dangereux
  3. Arochlor (marque déposée par Monsanto), Ugilec ou Askarel
  4. En Europe, l'utilisation des PCB est interdite depuis 1979 et , en France, elle l'est depuis le décret du 2 février 1987
  5. étude de 2009, réalisée par l'agence américaine Osterman Research pour la société Converge


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