Récupération de l'eau de pluie

La récupération d'eau de pluie consiste en la mise en place d'un dispositif pour stocker l'eau de pluie et l'utiliser ensuite de manière collective ou individuelle.



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La récupération d'eau de pluie consiste en la mise en place d'un dispositif pour stocker l'eau de pluie et l'utiliser ensuite de manière collective ou individuelle. Elle nécessite une installation qui peut fluctuer dans sa complexité suivant l'utilisation finale (à but de consommation comestible ou non).

La récupération d'eau de pluie peut se faire à plusieurs destinations.

Dans les utilisations non comestibles :

  • Arrosage des plantes, pelouses (essentiellement l'été en période de restriction d'eau)  ;
  • Alimentation des toilettes ou de la machine à laver ;
  • Nettoyages divers (sols, extérieur... )

Dans les utilisations comestibles :

  • Consommation de l'eau pour boire ;
  • Douches, bains ;
  • Lave-vaisselle ;
  • ...

Dans une habitation, un même réseau de plomberie peut servir à l'eau de pluie et l'eau de ville (fournie par les services de la ville) à condition que soit mis en place un dispositif de disconnexion réglementaire afin d'éviter le contact de l'eau de ville sur l'eau de pluie. (Réglementation sanitaire et départementale, article 16-3)

L'arrêté ministériel du 21 Aout 2008 apporte des précisions sur l'usage interne de la récupération des eaux de pluies. Cet arrêté «relatif à la récupération des eaux de pluie ainsi qu'à leur usage à l'intérieur ainsi qu'hors des bâtiments», attendu depuis plusieurs mois, a été publié au JO du 29 août 2008. Il fixe un cadre assez strict pour les installations et limite les usages autorisés. Sa philosophie est que si la récupération des eaux de pluie est une mesure utile parmi d'autres dans le cadre d'une stratégie d'optimisation de la ressource, il convient de mettre en place les systèmes de façon prudente, compte tenu de risques potentiels pour la santé publique.

L'arrêté fait partie des textes d'application de la loi sur l'eau du 30 décembre 2006. Un autre texte va suivre : l'arrêté relatif au crédit d'impôt. Le texte définit «les conditions d'usage de l'eau de pluie récupérée en aval de toitures inaccessibles, dans les bâtiments et leurs dépendances, mais aussi les conditions d'utilisation, d'entretien et de surveillance des équipements nécessaires à leur récupération et utilisation.» Par toitures inaccessibles, il faut entendre les couvertures ne recevant aucun public.

Des règles relatives à l'utilisation des eaux de pluie

Le texte autorise la collecte des eaux de pluie, mais en limite l'usage. L'eau de pluie collectée à l'aval de toitures inaccessibles est parfois utilisée pour des usages domestiques extérieurs au bâtiment : arrosage, fontaines, etc. L'arrosage des espaces verts accessibles au public ne pourra l'être qu'en-dehors des périodes de fréquentation du public. En ce qui concerne les usages domestiques intérieurs, les limites sont importantes : d'une part les toitures ne doivent pas être en amiante-ciment ou en plomb ; d'autre part, l'eau collectée ne est parfois utilisée que pour les sanitaires et le lavage des sols. Pas question de la boire ou de s'en servir pour se laver ! Autre autorisation : ceux qui souhaiteraient laver leur linge avec de l'eau de pluie doivent le déclarer auprès du ministère en charge de la santé, et doivent mettre en œuvre des systèmes de traitement de l'eau adaptés, à titre expérimental. Certains établissements n'ont pas le droit de mettre en place ce genre de système : les établissements de santé et établissements, sociaux et médicaux (sociaux, hébergement de personnes âgées), les cabinets médicaux, cabinets dentaires, laboratoires d'analyses de biologie médicale et des établissements de transfusion sanguine ou les crèches, écoles maternelles et élémentaires. Enfin, les usages professionnels et industriels de l'eau de pluie sont autorisés à l'exception de ceux qui requièrent l'emploi d'eau conçue pour la consommation humaine telle que définie au Code de la santé publique.

Des règles relatives à la mise en place des systèmes de récupération

L'arrêté précise un certain nombre d'obligations relatives aux systèmes à mettre en place pour récupérer et conserver l'eau, mais aussi pour la mettre à disposition des individus. Les prescriptions générales, quelle que soit l'utilisation, sont détaillées dans l'article 2 : stockage à la pression atmosphérique, matériaux inertes à l'eau de pluie, grille antimoustique de mailles de 1 millimètre au maximum, disconnexion avec le réseau public d'eau potable par surverse totale avec garde d'air, trop plein calibré avec clapet anti-retour si raccordement avec les égouts, affichage «eau non potable». Dans un premier temps, il est interdit de raccorder le réseau d'eau de pluie avec le réseau de distribution d'eau conçue pour la consommation humain. Les points de soutirage d'eau de pluie doivent présenter une plaque de signalisation qui comporte la mention "eau non potable" et un pictogramme explicite. Bien bien entendu, des systèmes de filtration doivent être mis en place pour l'usage domestique à l'intérieur. Il faut aussi installer des mécanismes pour éviter les élévations de température (développement des bactéries) et afficher clairement sur les canalisations que l'eau n'est pas potable (pour éviter les branchements erronés sur le réseau public). Pour éviter que les gens confondent différents types d'eau, il est interdit de mettre à disposition dans la même pièce (sauf les caves, les sous-sols ou les pièces annexes à l'habitation). Pour éviter les problèmes en cas de fortes précipitations, un dispositif de trop plein doit permettre d'évacuer l'eau en surplus. On doit vérifier l'ensemble des 6 mois la propreté, la signalisation et la déconnexion du réseau d'eau de pluie. De plus, il faut nettoyer les filtres et les cuves de stockages l'ensemble des ans. Un carnet sanitaire doit être tenu à jour, avec le plan des installations, une fiche de mise en service, le listing des opérations d'entretien réalisées et le relevé mensuel du «dispositif d'évaluation des volumes d'eau de pluie utilisés au sein des bâtiments raccordés au réseau de collecte des eaux usées». L'arrêté rappelle aussi l'obligation de déclaration d'usage en mairie prévue par l'article R. 2224-19-4 du CGCT avec l'identification du bâtiment et l'évaluation des volumes utilisés au sein des bâtiments.

Pourquoi toutes ces contraintes ?

Si on peut se féliciter de ce qu'un cadre légal permette désormais d'encadrer des pratiques de recyclage qui avaient déjà cours, il faut désormais s'assurer que sa mise en œuvre préservera les consommateurs de toute confusion et de tout risque sanitaire. La récupération de l'eau de pluie est bien entendu sympathique. Elle semble participer de ces petits gestes que nous souhaitons tous faire, afin de perfectionner la situation de l'environnement. Elle comporte aussi d'autres avantages : l'eau n'est pas calcaire et on peut se former des réserves en cas de sécheresse. Cependant, contrairement aux idées reçues ainsi qu'aux imaginaires bien ancrés, l'eau de pluie n'est ni pure ni potable, même si elle est en principe particulièrement proche de l'eau douce. En effet, l'eau de pluie, avant de tomber dans nos toits et rues, subit la contamination des gaz, particules, aérosols provenant de l'activité humaine. Elle contient par conséquent outre de la poussière, des ions inorganiques en provenance de la mer (Calcium, Magnésium, Sodium, Potassium, Chlore, SO4, cuivre, zinc, plomb). On y retrouve bien entendu l'ensemble des particules et pollutions urbaines issues des industries et des gaz d'échappement des voitures (Dioxyde de carbone, NOx, SOx). On y trouve aussi des pesticides, quelquefois en grandes concentrations. Le Dr René Seux, Professeur à l'école nationale de santé publique, explique comment ils peuvent se retrouver dans l'atmosphère : «Les départs» ont lieu lors de l'application (dérive) puis dans les jours qui suivent l'épandage (transfert sol/air). Les pesticides se trouvent alors sous forme gazeuse ou particulaire, susceptibles d'être entraînés dans l'eau de pluie.» Le docteur cite des résultats pour 1996 et 2000 sur la Bretagne : «les concentrations pour l'atrazine et l'alachlore, qui sont les deux principaux pesticides du maïs, peuvent atteindre 10, 20, ou alors plus de 200 fois les normes tolérées pour l'eau potable !» Il faut aussi savoir que la pollution par pesticides se déplace : «A Paris, les concentrations sont identiques à celles constatées à 100 km de la capitale». Et puis qu'elle dure. Il faut aussi penser aux pluies acides. Mais il y a un autre risque, dû aux souillures du toit, par des mousses, des déjections animales, ainsi qu'au stockage dans des citernes. Au final, selon un avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France, rendu public en septembre 2006, l'eau de pluie doit être utilisée avec précaution. Il peut être dangereux de la boire, comme chacun sait. Le problème, c'est que l'expérience d'autres pays montre que des bricoleurs finissent toujours par installer une arrivée d'eau polluée sur le réseau. D'autre part, si l'arrêté paraît aussi pointilleux, c'est que des insuffisances d'entretien posent quelquefois des problèmes de mélange entre les réseaux, l'eau pluviale non traitée contaminant l'eau traitée. Il va par conséquent être indispensable, hormis les recommandations techniques concernant les systèmes eux-mêmes, de développer la formation et la qualification des professionnels et d'encadrer le contrôle et le suivi de ces installations, en instaurant des dispositifs de déclaration et de surveillance par des organismes tiers. En outre un certain nombre de bâtiments n'obtiendront pas l'autorisation d'utiliser de l'eau non potable, qu'il s'agisse des industries agro-alimentaires, des établissements de santé ou des crèches.

Procédé simple de filtration et récupération d'eau de pluie à partir de tuyaux et raccords PVC du commerce

Chaque utilisation nécessitera un équipement plus ou moins poussé. Dans un premier temps, le taux de pluviométrie de la région mais aussi la surface de toiture, l'inclinaison du toit, l'orientation ou encore le matériau utilisé seront des facteurs pour déterminer le taux de remplissage annuel. Pour simplifier : Sachant qu'il pleut en moyenne 800 Litres/M²/an. Soit par Ex : 150M² de toiture = 150x0.800 = 120M3 de récupération d'eau par an. (une personne comsomme 30-35 M3/An)

Il faudra tenir compte aussi de l'emplacement du récupérateur car si ce dernier est exposé au gel, il devra être vidé au cours de la période hivernale et ne pourra par conséquent être utilisé.

En fonction de ces données, on choisira un volume de cuve adapté (de plusieurs mètres cubes).

Différentes cuves existent en plastique ou en béton.

Le plastique a l'avantage d'être aisément transportable mais il est impossible de le mettre dans une allée de passage (passage de voiture au-dessus ou stationnement) et il aura tendance à remonter de sous terre s'il n'est pas fréquemment plein.

Le béton semble avoir des nets avantages. Solide, servant à stabiliser le pH de l'eau, passage de voiture envisageable, il est cependant complexe à installer et nécessite un équipement approprié (grue) pour la mettre en place.

Une fois le choix effectué, il est envisageable de relier plusieurs cuves de contenances moyennes entre elles pour limiter le coût (prix exponentiel).

Le remplacement du flotteur horizontal par deux flotteurs verticaux permet d'alimenter la chasse d'eau par l'un ou l'autre des deux circuits sans obligation de disconnexion

Il faut ensuite raccorder les gouttières sur la cuve en prenant soin d'installer des filtres pour empêcher les feuilles, cailloux ou autres grosses saletés de se mêler à l'eau. Plus le filtre sera efficace, plus vous allez faciliter la qualité de l'eau stockée, en évitant un dépôt en fond de cuve, vous évitez la fermentation.


Une pompe permettra d'assurer une alimentation en eau fréquente qui pourra être couplée à une vessie (petit ballon d'eau) pour ne pas trop la solliciter (tous les 3 litres pour une chasse d'eau par exemple).


Ici encore le choix en pompe est vaste : avec filtrage intégré, avec séparation de l'eau de pluie / eau de ville, immergée, avec réserve, …

Enfin, suivant l'utilisation, un filtrage plus ou moins poussé doit être mis en place.



Il existe sur le marché des dizaines de cuves de récupération d'eau. Et comme chacun à des besoins différents, il est important de choisir une cuve adaptée à sa future utilisation.

  • Le choix du volume de votre réservoir de stockage d'eau pluviale doit se faire selon que vous destinez votre eau de pluie pour la maison, pour le jardin, pour le lavage de la voiture…
  • Il est aussi important de connaitre le volume d'eau que vous pensez utiliser. Bien bien entendu, plus vous aurez besoin d'eau à un instant T plus votre cuve devra être importante.
  • Il faut connaitre aussi la quantité d'eau de pluie que vous êtes susceptible de pouvoir récupérer. Chaque région, ville département n'est pas soumis à la même pluviométrie et le même type de pluie! (grosse pluie peu régulière ou petite pluie quotidienne ?). Il faut prendre ce critère en considération.


La récupération d'eau de pluie peut se révéler un dispositif simple et peu couteux à mettre en place (1500€ pour un équipement minimum) et permettre de ne plus utiliser de l'eau “potable” (donc traitée) pour les toilettes, ou encore l'arrosage du jardin.

Une installation plus particulièrement élaborée sert à vivre en autarcie complète (filtrage, multiples cuves). Pour des coûts allant de 6000€ à 9000€ posé par un professionnel.

Des incitations fiscales ont été mises en place en mai 2007 pour l'achat d'un dispositif de récupération d'eau de pluie pour usages extérieurs :

  • Une TVA à 5, 5% sur les équipements (si l'habitation a plus de deux ans).
  • Une crédit d'impôts égal à 25% des dépenses en équipements (dans la limite de 8000€ pour une personne seule, 16000€ pour un couple).

Pour des informations plus détaillées sur le crédit d'impôts lire le BULLETIN OFFICIEL DES IMPÔTS n°96 du 3 AOÛT 2007 et le Journal Officiel n° 105 du 5 mai 2007 page 8022 texte n° 67.

La loi sur le crédit d'impôt lié a la récupération d'eau de pluie devrait évoluer en 2008. Selon la Direction de l'eau du ministère en charge de l'environnement, le gouvernement devrait finalement accepter l'usage des eaux pluviales dans les toilettes, mais pas dans les machines à laver. Pour plus d'informations Détails sur le crédit d'impôt lié à la récupération des eaux pluviales.

Certaines collectivités locales encouragent aussi l'installation de dispositif de récupération des eaux de pluie, comme la Lorraine, qui subventionne ces installations jusqu'à 750€ ou Lille, qui attribue une prime à l'installation d'équipements de récupération d'eau pluviale de 100 € par m3 d'installation.

Le coût d'installation par un professionnel tend à augmenter énormément le devis mais pour une installation plus performante et en particulier plus sûr.

Une-eau-pure. com Rentabilité de l'installation de récupération

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 08/12/2009.
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