Produit intérieur doux

Le produit intérieur doux est une proposition de recours à des indicateurs économiques visant à faire réfléchir sur la mesure de l'activité économique en évaluant l'importance d'activités non marchandes, surtout domestiques...



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Développement durable - Socioéconomie

Le produit intérieur doux est une proposition de recours à des indicateurs économiques visant à faire réfléchir sur la mesure de l'activité économique en évaluant l'importance d'activités non marchandes, surtout domestiques et bénévoles, que le produit intérieur brut ne prend en compte que de manière particulièrement partielle.

Historique

Afin d'éviter de faux débats, l'initiative du PID doit être replacée selon Patrick Viveret dans son contexte historique collectif. "Au Québec en premier lieu, selon lui, Vivian Labrie, la sociologue ayant porté cette initiative, n'est pas une personne isolée. Elle était à l'époque la porte parole du vaste collectif «pour un Québec sans pauvreté» qui rassemble la totalité des associations de lutte contre l'exclusion et la pauvreté au Québec (l'équivalent du collectif Alerte) mais également l'économie sociale et solidaire (très importante au Québec), le mouvement syndical et le mouvement altermondialiste. C'est un collectif particulièrement important qui a été à l'origine du dit "Parlement de la Rue" dont elle a été surtout à l'initiative. Et c'est dans le cadre de ce Parlement qu'a été proposé aux parlementaires et accepté par le ministre des finances de l'époque, (Bernard Landry) lequel avait accepté d'y intervenir, «un carrefour des savoirs» entre ce ministère et le collectif. C'est au cours de ce carrefour ainsi qu'suite à un exposé sur la comptabilité nationale et son agrégat principal, «le produit intérieur brut», que le collectif a compris qu'une part non négligeable des richesses non marchandes n'étaient pas incluses dans le PIB et , en conséquence, a proposé deux concepts : le «produit intérieur doux», et les «dépenses intérieures dures», pour caractériser les destructions et souffrances sanitaires et sociales fréquemment invisibles". [1]

Signification

Le PID au sens strict du terme, selon le spécialiste des indicateurs de richesse Jean Gadrey, "ne sert à désigner pas un indicateur mais une démarche citoyenne et d'éducation populaire visant à faire réfléchir sur la richesse et aussi sur ses indicateurs. [... ] Si on veut le rapprocher d'autres indicateurs de richesse novateurs existant, il faut le placer dans la famille des indicateurs tendant à réformer la comptabilité nationale tels les indicateurs de bien être économique qui procèdent à des soustractions d'activités écologiquement ou socialement destructrices ainsi qu'à des ajouts d'activités socialement ou écologiquement utiles mais non présentes dans le PIB (activités domestiques non marchandes, bénévolat surtout) ". [2] Pour ses promoteurs, il s'agit de prendre en compte à leur juste importance les services non marchands, surtout domestiques et bénévoles, mais également les gisements respectant les traditions de savoirs, de savoir-faire (danses, coutumes, institutions, langue, .. ) et d'investissements (immeubles, procédés, espèces végétales et animales locales, génie rural, .. ) que le produit intérieur brut ne prend en compte que de manière particulièrement partielle

Diffusion

Depuis ses premières apparitions, ce concept a été diffusé ponctuellement au Québec. En France, une émission de France Inter le samedi 21 juin 2008 à 14h00 s'est intéressé au PID, concept d'un «collectif québécois»[3]. D'autres médias l'ont aussi cité comme la revue mensuelle de l'ADELS Territoires [4], et Inter actes if [numéro 18, automne 2006] ou encore Politis[5]. Le terme s'est même invité au Sénat, cité une fois par un haut fonctionnaire qui a précisé que pour l'«opposer au Produit intérieur brut [... ] les Canadiens ne manquent pas d'humour.». [6]

Ce concept a fait l'objet d'une communication au colloque organisé à l'Assemblée nationale le 22 avril 2008 par le collectif interdisciplinaire FAIR (Forum pour d'autres Indicateurs de Richesse). [7] Ce collectif est impulsé par une vingtaine de personnalités et d'associations ou fondations[8] gérées par le journal Alternatives économiques ; parmi ses animateurs, on trouve l'économiste Jean Gadrey membre de la commission Stiglitz concernant la définition d'autres indicateurs de croissance. Le PID est d'autre part repris et popularisé par Patrick Viveret surtout dans plusieurs manifestations publiques et dans la presse[9].

Notes et références

  1. Patrick Viveret précisait ainsi : "Lorsque j'ai connu cette initiative au moment ou j'avais en charge la mission «nouveaux facteurs de richesse» (1999-2002), j'ai invité Viviane Labrie à présenter cette initiative lors d'une rencontre mondiale co-organisée à Paris entre ma mission, le Secrétariat d'état à l'économie solidaire et le Programme des Nations Unies pour le développement. Rencontre durant laquelle des messages d'intérêt et de soutien du Président de la République et du Premier Ministre ont été lus (J. Chirac et Lionel Jospin à l'époque).
  2. Ces nouveaux indicateurs sont désormais beaucoup connus et repris sur le plan mondial. Ils ont été au cœur de la rencontre organisée au Parlement européen l'année dernière sous le titre «Beyond the GDP». Ils sont particulièrement bien répertoriés dans le livre de Jean Gadrey et Florence Jany Catrice : «les nouveaux indicateurs de richesse», la Découverte.
  3. émission citée par télérama
  4. Voir en n°483, décembre 2007, dans la note de bas de page n°5
  5. En date du jeudi 13 mars 2008
  6. Voir les débats au Sénat
  7. voir Débattre avec la société sur la richesse et sa mesure en amont de la construction d'indicateurs : le «Produit intérieur doux», par Fazette BORDAGE
  8. Voir sur le site de FAIR
  9. (fr) «Les instruments de bord restent fixés sur la voie du productivisme», entretien avec Patrick Viveret, conseiller à la Cour des comptes, paru dans Libération lundi 31 mars 2008

Annexes

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 08/12/2009.
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