Pierre sèche

La maçonnerie à pierres sèches est une technique de construction consistant à assembler, sans aucun mortier à liant, des mœllons, des plaquettes, des blocs, des dalles, bruts ou ébauchés, pour monter un mur, un voûtement.



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La maçonnerie à pierres sèches (ou maçonnerie à sec ou encore maçonnerie sèche) est une technique de construction consistant à assembler, sans aucun mortier à liant, des mœllons, des plaquettes, des blocs, des dalles, bruts ou ébauchés, pour monter un mur, un voûtement.

Clarification terminologique

Il ne faut pas confondre la maçonnerie à pierre sèche avec la maçonnerie à joints vifs, qui sert à désigner une maçonnerie de pierres de taille appareillées sans liant. Les pierres, extraites de carrière, ont leurs faces soigneusement dressées pour s'ajuster aux pierres qui les jouxtent. Ce type de maçonnerie est propre aux architectures savantes.

L'expression à pierres crues ou encore écrues n'est pas particulièrement synonyme de à pierres sèches ; cette dernière formulation mettant l'accent sur l'absence de mortier et non sur le côté naturel, brut, non élaboré, du matériau (ne pas confondre d'autre part construction à pierres écrues avec construction à cru, qui sert à désigner uniquement une construction reposant à même le sol, sans fondation).

Un synonyme, en vieux français, de pierres sèches est pierres essuytes, expression rencontrée dans des actes notariés nîmois du XVIIe siècle : «Essuyte» vient du participe présent latin exsuctus, desséché.

Utilisations

La maçonnerie à sec est (ou était) employée pour la confection d'une part de murs extérieurs (de clôture, de démarcation, de soutènement, d'épierrement, etc. ), d'autre part de murs d'habitations rurales temporaires ou saisonnières (cabanes en pierre sèche) et de bâtiments annexes. Il s'agit alors de murs secs.

Origine du matériau

Le matériau d'élection de ce type de maçonnerie est le plus souvent un matériau provenant de zones proches de la surface du sol, soit issu du dérochement lors de la construction de champs ou de terrasses, soit provenant de l'épierrement des parcelles cultivées ; enfin, mais plus rarement, c'est un matériau extrait de découvertes ou de carrières.

Lors des travaux agricoles (défonçage, labour, piochage, etc) en terrain à substrat rocheux affleurant, le paysan débarrasse sa parcelle de la pierre qui est remontée, en la portant à un tas ou à un mur. En région calcaire, ce matériau provient de la partie superficielle du socle rocheux, laquelle, sous l'effet du gel périglaciaire il y a plusieurs dizaines de millénaires, s'est clivée en strates et fracturée en blocs arrondis, en dalles, en plaquettes, etc, en conformité avec sa structure (phénomène de macrogélifraction). Ce n'est par conséquent pas un matériau de qualité comme la pierre de taille qui vient de bancs plus profonds : il est , en règle générale, friable, gélif, peu résistant.

Dérochement

Le dérochement est l'enlèvement de pans de la roche affleurant un terrain, au moyen d'outils comme la barre à mine, les coins en fer ou encore la poudre (!). C'est par dérochement qu'ont été génèrées les énormes quantités de pierres nécessaires à l'édification des aménagements agricoles en pierre sèche.

Épierrement

L'épierrement est l'opération consistant à débarrasser les terres agricoles des pierres qui gênent. Cette opération se fait soit lors du défrichement d'une nouvelle parcelle, soit lors des façons culturales. Contrairement au dérochement, l'épierrement ne livre des quantités importantes de pierres que dans la longue durée.

Découverture

La découverture est l'enlèvement de la «découverte», couche pierreuse superficielle recouverte de terre et altérée par les intempéries et la végétation, et qui se trouve éliminée lors de la création de carrières. Il arrive que le matériau de la partie inférieure de cette couche soit exploité en maçonnerie à pierre sèche.

Carrière

La carrière, c'est-à-dire le lieu d'extraction de la masse rocheuse mise à nu par l'enlèvement de la découverte, reste une solution marginale et exceptionnelle dans l'approvisionnement en matériau de construction à sec (fourniture de lauses pour la couverture, de beaux blocs pour l'encadrement de l'entrée par exemple).

Règles de l'art

On aurait tort de croire qu'un mur en pierres sèches est inférieur de très loin à une quelconque limousinerie. Simplement, sa construction, du fait de l'absence de mortier et , partant, d'adhérence entre les éléments, doit obéir à plusieurs règles dont le respect exige davantage de travail et de soin :

Coupe d'un mur en pierre sèche

Savoir-faire

Une maçonnerie en pierres sèches est comme un jeu de patience en volume, un puzzle dans l'espace. Elle requiert un choix et un positionnement judicieux du matériau, un ajustage minutieux et un emboîtement précis des éléments. Le maçon à pierre sèche, paysan ou spécialiste, doit avoir un bon coup d'œil pour trouver une place à chaque pierre et une pierre pour chaque place.

En règle générale, le matériau employé dans les murs extérieurs est laissé à l'état brut, naturel (matériau d'épierrement). Il peut être cependant sommairement rectifié ou ébauché à coups de marteau. La pierre sèche ne fait l'objet d'une préparation plus soignée – équarrissage de mœllons – que pour les murs d'habitations.

Maçonnerie à mortier de terre

Certaines cabanes et granges, aux murs prétendument à pierres sèches, sont en réalité bâties avec un mortier de terre ou «mortier d'hirondelle», invisible en parement. Ce mortier a un premier rôle, qui est l'étanchéisation de la maçonnerie à l'air ou à la pluie. Il a aussi pour fonction la prévention du poinçonnement, à savoir la fissuration ou l'écrasement des pierres sous les fortes pressions situées exercées par les aspérités ou les arêtes des pierres immédiatement supérieures. Quoi qu'il en soit, le recours à un mortier de terre ne dispense pas de souder entre eux les deux parements avec boutisses traversantes.

Voûte encorbellée et voûte clavée se rencontrent combinées à l'emploi d'un mortier d'argile, de terre argileuse, de marne, dans un type d'architecture populaire localisé un cran au-dessus de la simple cabane : le pigeonnier, la bergerie, l'habitation saisonnière, etc. La voûte encorbelée prend alors, pour sa part, une petite force de tension au lieu de travailler essentiellement par la compression génèrée par la pesée verticale.

Quelquefois même, le mortier sera non plus du mortier d'argile mais du mortier de chaux.

Outre les obligations d'étanchéisation et de prévention du poinçonnement, on peut invoquer une troisième raison au recours à un mortier : une commodité et une rapidité d'exécution plus grandes : il n'est plus indispensable d'être minutieux dans le choix, l'agencement et l'équilibrage des pierres et , qui plus est , on s'évite un travail fastidieux de calage des mœllons.

«La pierre sèche»

Au sens strict, la pierre sèche (avec l'article défini) sert à désigner le matériau («la pierre») et son mode d'emploi («sèche»), de la même manière que «la pierre de taille», «la charpente en bois», «le pisé banché», etc., désignent les matériaux en question et leur mise en œuvre. On évitera par conséquent d'employer cette expression métonymiquement à la place des expressions aux connotations plus étendues et plus élaborées que sont «maçonnerie à pierres sèches», «construction à pierres sèches», «architectures de pierre sèche».

Caladage

En Provence et en Languedoc, le terme caladage sert à désigner (ou désignait) le pavage, avec éléments non normalisés, de sols de cours de maisons, d'aires à battre, d'écuries, de rues de villages (en particulier celles en pente). Ces surfaces pavées, ou «calades», sont constituées de panneaux de pierres posées de chant, en rangées serrées, les interstices étant occupés par de la terre qui assure la cohésion du panneau. La présence de terre, s'ajoutant au fait que la calade est une structure horizontale et non verticale, rend abusive l'assimilation de la technique du caladage à celle de la maçonnerie à pierres sèches.

Sources

Voir aussi


Sites comportant des pages sur la maçonnerie à pierre sèche

Manuels de maçonnerie à pierre sèche

Recherche sur Amazon (livres) :



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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 08/12/2009.
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