Nicanor Perlas

Nicanor Perlas, né en 1950 aux Philippines, ingénieur agronome de formation, est un des pionniers de la lutte contre la " mondialisation économique et élitaire" autant dans son pays qu'au niveau mondial.



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  • Pour Nicanor Perlas, la société civile est constituée de l'ensemble des forces vives... de la nature de son propre pouvoir, qui, pour Nicanor Perlas, est culturel.... chercheur au CNRS explique dans ce livre ce qu'est un mouvement social, ... (source : ritimo)
  • ) Nicanor Perlas est l'auteur d'un ouvrage sur la tri articulation sociale pour faire face aux défis de la mondialisation. Société civile : le 3ème pouvoir, ... (source : globenet3)

Nicanor Perlas, né en 1950 aux Philippines, ingénieur agronome de formation, est un des pionniers de la lutte contre la "mondialisation économique et élitaire" autant dans son pays qu'au niveau mondial.

Il est récipiendaire du Palmarès mondial des 500 (1994) et du Prix Nobel Alternatif (2003).

Analyse du GATT et de la mondialisation libérale

Militant antinucléaire aux Philippines sous le dictateur Ferdinand Marcos, il doit s'exiler aux États-Unis. En 1983, il contribue à créer le concept de «sustainability», qui (mal) traduit par l'expression "développement durable" est devenu un concept clef du PNUE.

Revenu aux Philippines, il découvre que le métier d'agriculteur risque de disparaitre du fait des règlementations de la mondialisation libérale inspirées par les seuls intérêts des multinationales et des grands complexes agroalimentaires. Avec Agnès Bertrand, Martin Khor et Vandana Shiva entre autres, il se met à décrypter les accords du GATT, enveloppe de la future OMC. Leur conclusion est que ce GATT est l'outil d'un gigantesque projet de marchandisation et de chosification de la planète et de l'humanité, qui achète la complicité des hommes d'Etats. Nicanor Perlas et ses amis vont participer à l'apparition des réseaux altermondialistes du Sud.

En 1992, Nicanor Perlas participe au Sommet de la Terre de Rio. Par la suite, aux Philippines, il fonde le Centre d'Initiatives pour un Développement Alternatif CADI.

Bannissement de pesticides et microcrédits

En 1994, après 15 années de lutte, les organisations de la société civile, dont le CADI, obtiennent le bannissement de 8 pesticides, mesure qui soulage des millions de Philippins condamnés à de graves troubles de santé, séquelles de l'usage intensif de ces produits. Rappelons, en effet, que des firmes faisaient manipuler les pesticides sans informer les travailleurs de leur nocivité (voir le documentaire Ananas connection).

Le CADI va participer à la rédaction de l'Agenda 21 des Philippines, ratifié en 1996 par le Président Ramos. Dans le domaine du développement durable, cette action s'est vu consacrée au niveau des Nations unies.

En 1994, Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) confère à Nicanor Perlas la récompense Global 500 (ou Palmarès mondial des 500) pour son travail sur le bannissement des pesticides et sur l'agriculture biologique.

Selon l'appréciation du jury [1], Nicanor Perlas a résolu avec succès le problème de l'agriculture sans pesticides : son approche a non seulement permis un accroissement de la récolte et du revenu des cultivateurs, mais également un recul de la pauvreté. Perlas a utilisé une méthode qui est une variante de l'agriculture biodynamique et de l'agriculture biologique, en incorporant les pratiques autochtones.

Nicanor Perlas est directeur de la Lifebank, organisme de finance solidaire, qui permet l'attribution de micro-crédits à des communautés de base rurales pauvres. A titre d'exemple, pour 2003, l'objectif était d'impliquer 25 000 familles dans des micro-entreprises. Ces micro entreprises sont regroupées en associations, et soutenues par cette structure associative, les micro-entreprises peuvent ensuite s'intégrer dans un dispositif d'entreprises à plus grande échelle, servant à bénéficier surtout d'un programme d'éducation et d'assistance médicale.

Les initiatives de Nicanor Perlas sont basées sur la triarticulation sociale, qui propose une méthode d'analyse des interactions au sein des sociétés en se référant à un modèle parfait où règnerait une collaboration juste entre les trois sphères de la vie sociale : la sphère culturelle, la sphère politique et la sphère économique. Nicanor Perlas observe que dans ces trois sphères de la société, on rencontre des personnalités ouvertes et de bonne volonté, des "résistants" potentiels. En ayant en vue un partenariat, une articulation voulue entre ces 3 sphères, ces «militants» potentiels peuvent surmonter l'impuissance et la peur du risque personnel liées à leur fonction, et s'engager dans une collaboration à un processus de transformation compatible avec leurs convictions et leur éthique.

Nicanor Perlas met en application la triarticulation sociale dans un programme d'éradication de la pauvreté.

En février 2001, il est un des leaders de Kompil II, le mouvement social qui renverse pacifiquement le président corrompu Joseph Estrada, par la force de «People Power II», PPII.

People Power I avait fait partir Ferdinand Marcos. Pour cette «révolution», le peuple philippin reçoit une récompense exceptionnelle de la part de la fondation des lauréats des Prix Nobel de la paix. Cette réussite est le résultat d'une concertation triarticulée entre la société civile dont les leaders religieux ont prôné la non-violence active du peuple, l'économique avec l'industrie des transports qui a organisé la «grève», et les responsables politiques et militaires qui se sont engagés solidairement.

Pour un renouveau de la société philippine

Nicanor Perlas consolide la stratégie de la triarticulation sociale. Il anime le forum «Pagbabago» composé de porte-parole des ONG et des réseaux, de dirigeants d'entreprise et de responsables gouvernementaux, dont l'action concertée avait contribué au succès de PPII. Ce forum se propose d'initier trois grands mouvements pour le renouveau de la société aux Philippines : culturel, économique et politique, chacun autonome mais en interaction avec les deux autres.

L'activité de Nicanor Perlas devient de plus en plus visible au niveau mondial : Il est invité dans différents pays comme personne ressource : ainsi a-t-il été invité à Paris, en avril 2002, pour la création d'un réseau mondial de développement local à l'initiative de l'Union Nationale des Acteurs du Développement Local, UNADEL ayant pour but de mettre en réseau les expériences locales.

Il est aussi invité dans plusieurs pays pour animer des séminaires de formation à la triarticulation sociale, où il propose de s'exercer à percevoir de manière «écologique» et non «idéologico-politique» la situation d'un pays donné, à développer le discernement indispensable pour permettre, sur la base de la confiance, des alliances des trois sphères sociales, en sollicitant chez les individus, les forces de résistance à la mondialisation mercantile et déshumanisante.

En décembre 2003, Nicanor reçoit avec Walden Bello, un autre éminent philippin, le Prix Nobel Alternatif (en anglais : Rightlivehood award) pour «avoir joué un rôle essentiel dans le développement de la base pratique et théorique d'un ordre du monde qui prend en compte l'ensemble des populations. Le jury a récompensé Nicanor Perlas pour ses efforts remarquables comme éducateur de la société civile sur les effets de la mondialisation au niveau économique et sur les alternatives positives qui peuvent être mises en place»

L'activité mondiale de Nicanor Perlas amène à la formation d'un réseau mondial, GN3 (GlobeNet3 ou Global Network for Threefolding). Pourvu d'un secrétariat et d'un centre de recherche et de formation, ce réseau relie entre eux différents groupes œuvrant de façon autonome. GN3 est actuellement présent aux États-Unis, en Israël, dans les pays scandinaves, en Afrique du Sud, en Allemagne, au Japon, en France ainsi qu'aux Philippines.

Le groupe de GN3 en France, est soutenu par le collectif ATOS (Alliances pour la Tri-articulation de l'Organisme Social), un réseau de personnes se déclarant décidées à contribuer à construire une planète plus humaine, en faisant partager la dynamique des idées de la triarticulation sociale.

(à compléter)

  • La société civile : le 3e pouvoir - Changer la face de la mondialisation. Préfaces de Bernard Ginisty, Agnès Bertrand et Mohammed Taleb. (2003, éditions Yves Michel). Extraits du livre
  • Shaping Globalization : Civil Society, Cultural Power and Threefolding (2000)

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