Écologie urbaine

L'écologie urbaine étudie la totalité des problématiques environnementales dans le milieu urbain. Elle vise à articuler ces enjeux en les insérant dans les politiques territoriales pour limiter les impacts environnementaux et perfectionner le cadre de vie des habitants.



Catégories :

Discipline écologique - Architecture et urbanisme du développement durable - Développement durable - Anthropologie de la nature

L'écologie urbaine étudie la totalité des problématiques environnementales dans le milieu urbain. Elle vise à articuler ces enjeux en les insérant dans les politiques territoriales pour limiter les impacts environnementaux et perfectionner le cadre de vie des habitants. Cette notion a quelquefois un sens plus restrictif, désignant particulièrement l'écologie des organismes vivant dans une zone urbaine, essentiellement représentés par les espaces verts, publics et privés et les animaux sauvages - mais cet usage tend à se raréfier. Couramment, l'écologie urbaine traite des thématiques suivantes :

  • énergie
  • eau
  • déplacements
Un des défis de l'écologie urbaine est de conserver une place pour la biodiversité en ville, ce qui implique de lutter contre la fragmentation écologique en désormais ou restaurant des continuités dans les villes morcelées par les routes (ici Rotterdam, aux Pays-Bas)
Un autre enjeu, pour la biodiversité, mais également pour la qualité de vie et les économies d'énergies, est celui de la restauration et protection d'un environnement nocturne de qualité, en limitant mieux la pollution lumineuse
Les villes ne sont pas forcément des déserts biologiques ni dépourvues d'intérêt pour la biodiversité, végétale surtout. Au Japon, Akira Miyawaki a montré que les cimetières, les temples et certains boisements étaient de véritables reliques de la forêt préhistorique, tel la forêt de Tadasu No Mori, près du centre de Kyoto

Histoire

Même si les jardins de Babylone sont quelquefois invoqués, c'est l'École de Chicago qui est connue être à l'origine du premier courant d'écologie urbaine, avec une approche peu liée à l'écologie scientifique[1], l'écologie urbaine y trouvant néanmoins une première expression avec les études sociologiques de l'École de Chicago, au début du XXème siècle. Cette école marque aussi le début de l'application des sciences sociales à la ville, et d'une façon plus générale au phénomène urbain. L'écologie urbaine postule une interdépendance entre le citadin et son environnement urbain, que la notion d'empreinte écologique élargira à la planète dans les années 1990-2000. La ville en premier lieu décrite sous forme d'aires plus ou moins naturelles (schémas concentriques de Burgess) par l'école de Chicago est vue comme un lieu source et puits, de flux et d'énergies, avec des impacts directs et indirects complexes vis à vis de la biodiversité et de la biosphère ou du climat. Il y règne des relations spécifiques entre citadins, et la communauté urbaine est à la fois un modèle spatial et un ordre moral (Robert Park). La généralisation de la périurbanisation et de rurbanisation rendent plus floues les limites de l'écologie urbaine, mais celle-ci reste un cadre, par exemple pour la restauration, la protection ou la gestion d'une certaine biodiversité en ville, cette biodiversité étant elle-même vue comme bioindicateur ou indicateur de développement soutenable dans le cadre par exemple des agendas 21.

L'écologie urbaine et le concept de ville soutenable

L'écologie urbaine est un concept qui rapproche les enjeux écologiques à la vie en ville. Il défend une approche transverse sur l'ensemble des thèmes ayant trait à la promotion d'un mode de vie soutenable en zone urbaine : transport, urbanisme, habitat, lutte contre la pollution, démocratie et économie locale...
Le concept des villes durables est mieux connu. Au niveau mondial et européen, des réseaux de villes durables (sustainable cities) se sont constitués, surtout autour de l'ICLE (Conseil mondial pour les initiatives environnementales locales ou Mondial Council for Local Environmental Initiatives, fondé en 1990), qui réunit en 2006 près de 500 gouvernements, villes ou collectivités régionales engagées dans la voie du développement soutenable.

Tendances

Après le Sommet de la terre de Rio (Juin 1992), sont apparues des concepts tels que celui de Ville renouvelée sur elle-même, et d'une construction cherchant à rembourser sa "dette écologique", et diminuer son empreinte écologique, par exemple via une quinzième cible HQE. Ces démarches se développent, mais aussi les Agenda 21 qui commencent à se traduire dans les documents et réglements d'occupation du sol. Paris a par exemple introduit dans son Plan Local d'Urbanisme (PLU) la notion de «Cœfficient de biotope» qui dépasse le nombre de mètres carrés d'espaces verts par habitant, l'indicateur le plus utilisé, en introduisant aussi des critères de qualité écologique des espaces.
Les aménageurs n'ayant pas forcément dans le passé respecté leurs obligations en matière d'espaces libres (50 % du projet) où fréquemment la végétation était pauvre et sur une couche de terre insuffisante, le nouveau PLU interdit les espaces libres sur dalle, au profit d'aménagement «en pleine terre» de 20 % du terrain localisé (soit 40 % des espaces libres), en créant des surfaces végétalisées supplémentaires selon le déficit mesuré par la ville dans la zone. (sur 20 à 30 % des espaces libres). Si ces aménagements ne sont pas envisageables, l'aménageur doit créer des toitures, terrasses et/ou des murs végétalisés.

La commission européenne soutient un «réseau européen des cités vertes» (European Green Cities Network ou EGCN) créé en 1996 en lien avec le projet «EU Thermie project European Green Cities», en premier lieu conçu comme un forum pour disséminer les bonnes pratiques de construction durable et exemples d'initiatives d'urbanisme durable [2] puis fédérant et encourageant des démarches citoyennes et de collectivités voulant construire en économisant l'énergie, et voulant redonner de la place à la nature en ville pour la rendre plus vivable et durable, en contribuant au lien social, à la santé ainsi qu'à la protection de l'environnement. et en considérant que ces bienfaits sont aussi source de richesse patrimoniale (économique, sociale et environnementales)  ; c'est le thème des 4ème assises européennes du paysage en 2009[3].

Voir aussi

Bibliographie

Notes

  1. Cette expression est le titre d'un ouvrage de Grafmeyer et Joseph, paru en 1979.
  2. Site «réseau européen des cités vertes»
  3. 26-28 oct, Strasbourg (Site Internet des assises 2009)

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 08/12/2009.
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