Ebenezer Howard

Ebenezer Howard est un urbaniste britannique.



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Urbaniste britannique - Socialiste utopique - Naissance en 1850 - Décès en 1928 - Cité-jardin - Écoville - Architecture et urbanisme du développement durable - Développement durable

Ebenezer Howard

Ebenezer Howard (19 janvier 1850 à Londres - 1er mai 1928) est un urbaniste britannique.

Biographie

Ebenezer Howard est un fils de commerçant, né à Londres[1] le 19 janvier 1850. Il est exposé jeune au monde rural, dans un premier temps à Suffolk puis à Cheshunt, Hertfordshire, et complète finalement son éducation à l'âge de 15 ans à Stoke Hall, Ipswich.

Il a travaillé dans des postes cléricaux et apprend la sténographie. Son premier employeur, le Dr. Parker, du temple de la ville, pour qui il transcrit des sermons, a fait remarquer qu'il aurait pu être un bon prêcheur.

Voyage aux États-Unis

À l'âge de 21 ans, il part avec deux compagnons aux États-Unis, sous l'influence d'un oncle agriculteur. Il s'installe au Nebraska, au comté de Howard, où il travaille sur 160 acres. Il s'aperçoit qu'il n'est pas fait pour être agriculteur.

Il va alors à Chicago et y travaille comme journaliste[2] et/ou comme sténographe de loi[1]. Il y arrive tandis que la ville se reconstruit du grand incendie de 1871, responsable de la destruction d'une grande partie le quartier des affaires. Howard est témoin de la régénération de ce quartier et du développement rapide des banlieues de la ville.

Aux USA il découvre et admire les poètes Walt Whitman et Ralph Waldo Emerson. L'artiste paysager américain Frederick Law Olmsted prépare un plan maître pour une communauté de banlieue où la disposition est informelle avec des parcelles de terrain spacieuses pour les maisons et des routes aménagées en voies rapides. Olmsted est aussi responsable de Central Park à New York.

Retour au Royaume-Uni : prise de conscience

Il rentre au Royaume-Uni en 1876, où il trouve avec Hansard un travail de rédacteur des rapports officiels du Parlement, métier qu'il conservera jusqu'à la fin de sa vie. Il est responsable de l'enregistrement des débats, comités et commissions.

En 1879 il épouse Elizabeth Ann Bills, avec qui il a eu trois filles et un fils, et neuf petits-enfants. Il retournera en Amérique entre 1876 et 1898 à cause de l'introduction de la machine à écrire Remington en Angleterre.

L'exode rural

Par son travail, Howard prend conscience et se tient informé des difficultés qu'a le parlement à trouver des solutions au problèmes du logement et du travail. Le fond du problème est l'exode rural massif que connaît l'Angleterre à cette époque.

Les campagnes sont trop pauvres : le travail est mal rémunéré, et les ouvriers agricoles ne peuvent espérer payer un loyer suffisant pour inciter à construire de nouvelles habitations. Énormément partent dans les villes industrielles victoriennes, avec l'espoir de meilleurs salaires et d'opportunité de travail, laissant les campagnes désertes.

Cependant, ces villes sont devenues surpeuplées, les prix et les loyers sont hauts, l'approvisionnement en eau et le drainage sont incorrects. La pollution industrielle et les mauvaises conditions de vie ont entraîné plusieurs manifestations de choléra entre 1831 et 1854, et l'unique solution trouvée a été l'étalement du logement vers les banlieues.

Vers 1884-85 la Commission Royale du Logement des Classes Travailleuses rapporte les mauvaises conditions du logement, et en 1888 une étude majeure des conditions d'habitat urbain par Charles Booth révèle que 300 000 des 900 000 habitants de l'est de Londres vivent dans une situation d'extrême pauvreté.

Expériences de communautés

Dans les divers cercles intellectuels qu'il fréquente, Howard entend énormément parler de la question du territoire. De nombreuses idées sont échangées concernant la propriété de la terre, leur nationalisation, leurs taxations, leurs valeurs et la misère urbaine.

Il a conscience des tentatives de regroupement communautaires mis en place par les industriels pour leurs employés. On peut référencer diverses expériences, comme par exemple celle de Copley en 1849-53, mais les plus notables sont celles de W. H. Lever (1851-1925) et George Cadbury (1839-1922), qui seront tout les deux impliqués plus tard dans le mouvement des cités-jardins.

William Lever

Lever a construit un empire sur le succès de Port Sunlight, et débute en 1888 la création d'un village-modèle sur la rive ouest de la rivière Mersey, près de son usine. Cela s'approchait d'un village modèle de Prices Patent Candles vers 1853.

Lever s'intéresse à l'architecture ainsi qu'à l'urbanisme, a aussi construit une maison à Thornton Hough, et ses développements devinrent une grande attraction pour les politiciens.

George Cadbury

Cadbury a produit une communauté légèrement différente, en laissant la moitié du logement au public.

Commençant vers 1895, l'architecte-urbaniste Bournville a été influencé par le mouvement des Arts & Crafts et a fait des terrasses et des maisons de campagne semi-détachées, avec des jardins et des attributions autorisant les familles à faire cultiver leur propre nourriture. Le logement y était d'une qualité et d'un design qui a influencé plus tard la construction à New Earswick (construit par les employés de Rowntree en 1902, ce village a été commencé par Parker et Unwin avant Letchworth et préfigure nombre des idées qu'ils développeront pour la cité-jardin), et établit tôt par le London County Council.

Lectures

Les lectures d'Howard incluent une variété de travaux sur diverses théories politiques et économiques, et il a plus tard crédité divers philosophes et réformateurs d'avoir presque découvert les cités-jardins. John Ruskin surtout semble s'être approché du concept des cités-jardins, avec ses descriptions d'intégration de la ville et de la campagne.

William Morris a développé quant à lui lors de ses cours pour la ligue socialiste le concept de la "décence d'environnement", qui inclut selon lui : "un espace suffisant, un logement sain, propre et bien construit, l'espace de jardin abondant, la conservation du paysage naturel, sans pollution ni détritus". Raymond Unwin, qui sera l'architecte de la première cité-jardin, a rejoint la ligue socialiste dans les années 1880 et a été étroitement impliqué avec Morris.

Howard est aussi impressionné par le roman utopique de 1888 d'Edward Bellamy Looking Backward (qui donne une vision de Boston en l'an 2000), au point qu'il en commande 100 copies qu'il distribue à ses amis. Il est amené à s'interroger sur les questions sociales à partir de cette vision utopique d'une cité future et d'une société inquiétée de perfectionner la civilisation.

le concept de la cité-jardin

Le diagramme des trois magnets (Three Magnets) de Howard, où il pose la question'où iront les gens?'avec comme choix'ville', 'campagne'ou'ville-campagne'

En 1898, il publie Tomorrow-. A peaceful path to real reconstitu («Demain : une Voie Pacifiste vers la Réforme Réelle»).

Il y milite pour la création d'un nouveau type de villes de banlieue, qu'il nomme les Cités-jardins (Garden-Cities). Il les conçoit comme une communauté, régie par une sorte de conseil d'administration. Elles feraient l'objet d'une planification, les limitant à 30 000 habitants. Les villes seraient idéalement indépendantes, et gérées et financées par les citoyens ayant un intérêt économique en elles.

Elles auraient une forme circulaire, avec un rayon d'un peu plus d'un kilomètre, une taille limitée (4 km² au plus), au centre d'un territoire d'environ 20 km² d'espaces agricoles. La partie urbanisée serait divisée en six quartiers, chacun étant délimité par des boulevards pénétrants. Au cœur se trouverait un parc entouré des services à disposition de la population (hôtel de ville, théâtre, hôpital, etc). Les commerces se trouveraient dans le Crystal Palace, sorte de galerie vitrée protégeant les habitants des intempéries. La cité serait entourée d'une ligne de chemin de fer bordée de manufactures et de marchés.

Elles représentent à ses yeux le parfait exemple de la symbiose entre la ville et la nature. En effet, étant localisées en périphérie des villes, elles permettent de profiter des avantages de la ville (la vie en société, le travail correctement rémunéré), tout en habitant à la campagne et en ayant la possibilité de profiter de la nature, du contact avec Dieu, et des bas loyers.

Article détaillé : Cité-jardin.

Il décrit son concept avec détail avec diagrammes et d'arguments économiques, mais explique clairement que le plan doit être adapté au lieu d'implantation de la ville.

L'association des cités-jardins

Son livre est reçu avec des réactions diverses. Howard va cependant le promouvoir et en juin 1899, il trouve suffisamment de personnes intéressées par son idée pour fonder l'Association des Cités-Jardins, connue actuellement sous le nom de Town and Country Planning Association (Association d'Urbanisme et de Paysage), la plus ancienne association environnementale d'Angleterre. Aux rencontres de l'association se discutent les moyens pratiques de mettre en œuvre ses plans.

Ces membres sont une sélection de politiciens, d'industriels et de professionnels qui considèrent une grande variété de domaines dans les comités. En mai 1900 l'assosciation se résout à former une société limitée, mais ne la met pas en place avant deux ans.

En 1901 Ralph Neville K. C. est recruté à l'association et élu président, et Thomas Adams, un arpenteur de Scots intéressé par la renouvellement rural est appelé secrétaire. La première conférence de l'Association des Cités-jardins se tient en 1901, par George Cadbury. Parmi les conférenciers, Raymond Unwin a complimenté le London County Council sur sa récente législation pour perfectionner le logement des classes ouvrières. Bernard Shaw apporta aussi sa contribution tout comme F. Lee Ackerman et H Claphham Lander (le designer des appartements coopératifs à Sollershott Est ).

La publicité de cette conférence et de l'assemblée générale de décembre 1901 est énorme et Adams promeut et représente l'Association dans la presse ainsi qu'aux conférences.

Howard révise et publie à nouveau en 1902 son ouvrage sous le nom Garden Cities of Tomorrow («Cités-Jardins de Demain»), tel qu'il est connu actuellement.

La cité de Letchworth

En 1902 est constituée la Société des Pionniers des Cités-Jardins (Garden City Pioneer Company), pour trouver et acquérir un site sur lequel implanter une première cité-jardin. Ralph Neville KC en est président, Howard, directeur général, et le conseil inclus Edward Cadbury, THW Idris et HD Pearsall, un ingénieur. On trouve parmi ses principaux actionnaires George Cadbury, William Lever et A. Harmswoth (le propriétaire du Daily Mail).

Plusieurs sites sont reconnus, mais en 1903 Herbert Warrent, l'avocat-conseil de la Compagnie, examine l'emplacement du manoir de Letchford, dans le Hertfordshire au nord de Londres. Le domaine n'est pas suffisament grand mais les terrains voisins sont acquiss à d'autres propriétaires. Le site est validé en septembre 1903 et déclaré ouvert le 9 octobre 1903 lors d'une cérémonie menée par Earl Grey, Lord Lieutenant de Northumberland.

Plusieurs urbanistes sont approchés pour concevoir le plan. Trois projets sont présentés : celui de Barry Parker et Raymond Unwin, celui de Lethaby et Riccado et celui de Lucas et Cranfield. Les trois groupes s'inspirent du mouvement des Arts & Crafts.

Barry Parker et Raymond Unwin présentent au conseil des esquisses en janvier 1904, pour les soumettre à l'approbation du Grand Chemin de Fer du Nord  ; elles sont provisoirement acceptés. En février, ces plans sont publiés au nom de la société et un lancement public à Londres est organisé. En mars 1904, Parker et Unwin sont appelés architectes de consultation en charge de la surveillance du projet.

Raymond Unwin, qui inspira plus tard la partie "politique urbaine" du programme de New-Deal du président américain Roosevelt, ne suivit pas à la lettre les prescriptions d'Howard et s'inspira, pour la forme de son projet, de celles du plan de reconstruction de Londres par Sir Christopher Wren en 1666 : une ville s'ordonnant autour d'une place centrale bordée de bâtiments officiels et culturels.

Conséquences

Une seconde cité, conçue selon les mêmes principes, entre 1905 et 1907 par Parker et Unwin dans le faubourg londonien de Hampstead, exerça une fascination telle sur les hommes de son temps que les législateurs rédigeant le Housing and Town Planning Act en 1909 et 1919 en vinrent à suggérer "l'adoption du modèle de Garden City pour la construction du logement social".

De ses contacts avec les architectes allemand Hermann Muthesius et Bruno Taut a résulté l'application des principes du Human design dans de nombreux projets d'habitat construit dans les années de de Weimar. Hermann Muthsius a joué un rôle important dans la création de la première cité-jardin allemande de Hellerau en 1909, l'unique cité-jardin en Allemagne où les idées de Howard ont été pleinement adoptées.

La cité de Welwyn

La cité-jardin individuelle était uniquement une partie d'un plan plus large proposant un groupement de cités-jardins autour d'une ville centrale, inter connectées et partageant les facilités de loisir et les services. À cette fin Howard a acquis le terrain de Welwyn peu de temps après le démarrage de Letchworth.

Mme Howard meurt en 1904, tandis que la construction de Letchworth débute, et Howard vient vivre lui-même dans la première cité-jardin en 1905. Il se remarie en 1907. Il vit un temps dans Norton Way South ainsi qu'à Homesgarth à partir de 1911.

Howard est élu président de la nouvellement constituée Garden Cities and Town Planning Federation en 1913, un organisme d'influence mondiale, et devient un membre d'honneur du Town Planning Institute en 1914.

Une deuxième cité-jardin, celle de Welwyn, est débutée après la Première Guerre mondiale (1919). Ses plans sont confiés à l'architecte Louis de Soissons. Il s'y installe en 1921 et y restera jusqu'à sa mort le 1er mai 1928, après avoir diagnostiqué comme souffrant d'une infection de la poitrine et d'un cancer de l'estomac en mars. Il est fait chevalier en 1927.

descendance

Parmi les descendants directs d'Ebenezer Howard, on trouve son petit-fils Geoffrey Howard (joueur de criquet et administrateur), criquet manager comme son arrière-arrière-petit-fils, le pédagogue George Colin Howard et sa fille Leah Elisabeth Howard.

l'Espéranto

Howard était un fervent défenseur de l'Espéranto, il utilisait fréquemment cette langue lors de ses conférences. [3]

Bibliographie

Citations

Notes et références

  1. Biographie de Ebenezer Howard sur le site de la cité-jardin de Letchworth
  2. en :Ebenezer Howard
  3. "The creation of Esperanto Association of Britain"

Voir aussi

Biographies d'Ebenezer Howard

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 08/12/2009.
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