Dongtan

Confrontée à des pénuries d'énergie ainsi qu'à des problèmes de pollutions récurrents, la Chine doit tester avec Dongtan la construction d'une éco-ville, conçue comme telle dès le départ.



Catégories :

Shanghai - Ville de Chine - Écoville - Architecture et urbanisme du développement durable - Développement durable

31°31′15″N 121°54′38″E / 31.52083, 121.91056 Dongtan (en sinogrammes simplifiés ?? ; en sinogrammes respectant les traditions ?? ; en pinyin Dōngtān) est un projet de ville écologique qui devait voir le jour pour l'Exposition universelle de Shanghai en 2010. La nouvelle ville serait localisée sur l'île de Chongming, à l'embouchure du Yangzi Jiang au nord de Shanghai. Construite sur 86 km², la ville devrait compter originellement entre 50 000 et 80 000 habitants. Il est prévu que 500 000 personnes s'y soient installées en 2050.

Confrontée à des pénuries d'énergie ainsi qu'à des problèmes de pollutions récurrents, la Chine doit tester avec Dongtan la construction d'une éco-ville, conçue comme telle dès le départ. Cette méthode permettrait de mettre en place, grandeur nature, l'ensemble des dernières innovations techniques et urbanistiques, en termes de production d'énergie verte, d'isolation, de circulations douces surtout.

Principes

Ces principes visent à minimiser l'empreinte écologique de ses habitants en utilisant les technologies les plus modernes en la matière, à l'échelle d'une ville entière.

Ils s'inspirent ouvertement de l'éco-quartier londonien BedZED, première expérience du genre et incontestable réussite.

Conception et réalisation

La société mixte "Shanghai Industrial Investment Corporation" (SIIC) est responsable du projet et délègue sa conception à la société britannique ARUP, spécialisée dans l'ingénierie civile. Le contrat a été signé au 10 Downing Street en novembre 2005 en présence de Tony Blair et du président chinois Hu Jintao, en visite à Londres. Le groupe est déjà particulièrement présent en Chine : un quart de ses 7 000 salariés sont basés à Hong-Kong et il est chargé de l'extension de l'aéroport mondial et du stade olympique des Jeux Olympiques d'été de 2008 à Pékin[1]. Le responsable du projet Dongtan pour ARUP est Roger Wood.

La SIIC établit des coopérations scientifiques avec des centres de recherche internationaux pour valider son projet. On peut citer surtout des partenariats avec le CNRS et l'Université de Turin.

Financement et viabilité économique

Ce projet est sur le long terme particulièrement coûteux : «des dizaines de milliards de dollars, soit énormément plus que les jeux Olympiques 2008 de Pékin» selon Peter Head, directeur d'ARUP. Le budget d'origine prévoit un investissement de 1, 3 milliard de dollars, cette somme pourrait cependant fortement augmenter au cours des travaux.

Dongtan, pour être viable économiquement, doit aussi attirer les employeurs et les investisseurs. Le vice-président de la SIIC, Li Zhinghong, souhaite que ce soit "un lieu fait non seulement pour vivre, mais également pour gagner sa vie". La société espère attirer des laboratoires de recherche médicale de pointe et des industries high-tech. Un investissement d'un milliard de dollars a déjà été promis par un investisseur irlandais pour la création d'un centre équestre de taille importante.

Avancement des travaux

Début 2007, les travaux de grande ampleur pour la construction de Dongtan n'avaient pas encore réellement démarré. Seuls quelques bureaux de promoteurs, des éoliennes et des serres signalaient le futur emplacement de Dongtan. C'est en mer que les premiers signes d'activité peuvent être décelés : la construction d'un pont à haubans qui, prolongé par un tunnel, reliera Shanghai à Chongming, est déjà en cours.

La ville ne sera finalement pas construite pour l'exposition universelle de 2010, et pour l'instant le projet est gelé[2].

Critiques du projet

Choix du site

De vastes étendues marécageuses sur la pointe sud-est de l'île sont classées réserve naturelle et protégées au niveau mondial. Elles sont une étape migratoire pour des oiseaux allant de la Sibérie à l'Australie, les spatules à face noire surtout, qui sont une espèce rarissime (uniquement légèrement plus d'un millier d'individus sauvages subsistant dans le monde). Le choix du site ne semble par conséquent pas judicieux en termes de conservation des espaces naturels. Des professionnels de l'Institut d'Urbanisme de l'Université Tongji, à Shanghai s'interrogent ainsi sur la pertinence du choix du site, alors même que des terres restent à développer dans les districts de Pudong et Nanhui, à l'est de Shanghai. Le directeur de l'institut, Zhao Min, indique : "Je suis contre ce projet comme la majorité de mes collègues ici"[3].

On peut par conséquent s'interroger sur le caractère écologie d'une telle construction en zone marécageuse. Avant même réaliser les bâtiments, il faudrait mettre en place un dispositif de drainage important (et par conséquent un lourd entretien ensuite) et des fondations tout aussi importantes.

Empreinte écologique

Le bilan carbone de Dongtan sera certes meilleur que celui de la majorité des villes chinoises, mais l'empreinte écologique estimée de ses habitants serait tout de même de 2, 2 hectares par personne. Ce chiffre est supérieur à la limite théoriquement soutenable pour notre planète : 1, 9 hectares par personne .

Absence d'implantations industrielles

La ville créée de toutes pièces n'abritera que particulièrement peu d'activités industrielles, qui sont les premières sources de pollution chinoises. On peut par conséquent considérer qu'elle ne fait que contourner le problème de la pollution.

Population visée

Les populations qui pourront se permettre d'habiter Dongtan seront certainement surtout de riches citadins cherchant une qualité de vie supérieure à celle de Shanghaï. Aucun plafond n'a actuellement été fixé pour les prix des loyers, les concepteurs du projet ayant uniquement promis 20% de logement social. Dongtan serait par conséquent une ville de privilégiés, ne résolvant en aucun cas les problèmes de pollution auxquels sont confrontées les populations les plus déshéritées.

Projet vitrine

Enfin, une critique plus globale du projet qui serait une "vitrine écologique" dans un pays abritant 20 des 30 villes les plus polluées de la planète[4]. L'opération est extrêmement ciblée et n'perfectionnera pas la situation particulièrement dégradée des villes chinoises existantes. Des experts estiment que les crédits utilisés pour faire sortir cette ville de terre auraient été plus efficaces dans des campagnes de sensibilisation aux économies d'énergie ou dans des projets urbains écologiques de rénovation des villes existantes.

Notes et références de l'article

  1. Selon l'article du Nouvel Observateur
  2. l'article sur Wikipedia anglophone
  3. Cité dans l'article de chine-informations. com
  4. Selon l'article de libération, disponible sur cette page

  • Expo 2010

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