Déchet militaire

La notion de «déchet militaire» peut concerner de nombreux types de déchets, produits de l'amont à l'aval des filières militaires et de l'armement, avec une double spécificité ...



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Gestion des déchets - Développement durable - Armée - Défense et sécurité

La notion de «déchet militaire» peut concerner de nombreux types de déchets, produits de l'amont à l'aval des filières militaires et de l'armement, avec une double spécificité :

Une meilleure gestion des déchets fait partie des thèmes du développement durable que certaines autorités militaires cherchent à intégrer dans leurs stratégies.

Histoire des déchets militaires

Coque du porte-avion Clémenceau à Brest en 2008). Son démantèlement à commencé au Royaume-Uni.
Cimetière de bateaux militaires français de Landévennec sur l'Aulne, en Bretagne avec 2 avisos escorteurs réformés en brise-lames en , août 2006.
Porte-avion USS Oriskany (CVA 34), éliminé à moindre frais le 17 mai 2006, comme récif artificiel dans le Golfe du Mexique, après un nettoyage sommaire
Cet avion Grumman A-6E Intruder de l'US Navy (BuNo 155670) a aussi été jeté en mer, en lui attribuant un rôle de récif artificiel
B-52 démantelé suite au traité de réduction des armes stratégique.

C'est à partir de la première guerre mondiale et avec l'industrialisation de l'armement que les déchets militaires sont devenus préoccupants, parce que plus dangereux et produits en quantité particulièrement importante.

Depuis plus d'un siècle, de nombreux corps d'armée ou États se sont débarrassé de leurs munitions non-explosées ou non-utilisées et périmées en les immergeant dans des lacs (en Suisse par exemple, dont dans le lac de Thoune) ou en mer (plus d'une centaine de sites de munitions immergées sont répertoriés le long de tout le littoral européen).
Certains navires de guerre ou blindés "en fin de vie" ont été aussi immergés, peut-être via des opérations présentées comme création de récifs artificiels. Quelques navires de guerre ou sous-marins retirés du service ont été recyclés comme bateau-musée ou sont utilisés comme «épis» pour lutter contre l'érosion de berges.

Dans certains pays, une tradition de vente des surplus militaire existe aussi, servant à recycler une partie des matériels usagés ou non utilisés (vêtements surtout)  ;

La réflexion porte en particulier depuis les années 1990 outre sur les "consommables", sur un démantèlement plus propre et sûr (avec récupération de matière première ou recyclables)


Dans un souci d'économies par le recyclage et un moindre gaspillage, ou pour diminuer leur empreinte écologique (verdissement des administrations), certaines autorités militaires ont une démarche de gestion plus rationnelle et sûre des déchets directement ou indirectement produits par les activités militaires.

Tendances

Méthode

Les militaires peuvent bénéficier des progrès faits dans le suivi et traitement des déchets d'activités civiles, mais ils travaillent de plus en plus avec des Agences, ministères (de l'environnement, de la santé.. ) ou alors avec des associations de défense de l'environnement.
Généralement, dans le domaine des déchets, «le déchet le moins coûteux à éliminer est celui qu'on ne produit pas », ce qui veut dire que la réduction à la source devrait toujours être privilégiée rappelle Stephan Robinson [4], qui déplore le gaspillage de matériel lors des exercices et de l'entrainement et le manque d'éco-conception et d'analyse du cycle de vie de ces matériels.

En France, une convention lie le ministère de la défense au ministère de l'environnement et trois conférence se sont tenues dans un cycle Défense et environnement (la dernière en date du 2 juillet 2009) [1] [5]. En France, le ministère en charge de la défense s'est pourvu d'un directeur en charge du développement durable ; à la Sous-direction du patrimoine, au sein de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA). Ce ministère doit intégrer l'environnement dans la conduite des programmes d'armement[6]. Il a annoncé que suite au Grenelle de l'environnement, il a programmé «108 millions € pour le démantèlement». L'armée française doit surtout faire détruire 22.000 MLRS (dispositifs de lance-roquettes multiples) devenus interdit par le traité sur les armes à sous-munitions[1].
En France : de 270 000 t de matériel sont à démanteler sur la période de programmation 2009- 2014. 140 000 t correspondent à 170 coques et engins flottants. S'y ajoutent plus de 800 aéronefs, et près de 100 000 t de véhicules et blindés, une quantité croissante de matériel électroniques et informatique et des milliers de tonnes de bombes, obus, mines (27000 missiles, torpilles et roquettes divers, dont 22 000 roquettes et des milliers d'obus à sous munitions, actuellement interdits d'emploi par la convention de Dublin et l'accord d'Oslo). Toujours selon le ministère de la défense, ce sont de 90 à 160 millions d'euros qui seront nécessaires (selon le cours des métaux) [1].

Spécificités, cas spécifiques

Le cas des munitions, missiles, torpilles...

Démanteler des munitions anciennes ou rendues interdites par des traités internationaux coute bien plus cher que les produire, d'autant qu'il existe peu de filières spécialisées. Cela est aussi plus dangereux et exige des moyens et filières adaptés.

En France : des stocks importants se sont accumulés. A titre d'exemple, en France, l'amée estime que plus À peu près 20, 000 tonnes de munitions seraient à détruire de 2009 à 2015. La France manquant de filière adaptée ce démantèlement pourrait devoir se faire en Allemagne selon le rapport de Xavier Lebacq [1].

Le cas des navires et sous-marins

Les autorités militaires doivent gérer les déchets produits par le fonctionnement et l'entretient du navire, par la vie à bord, puis par la "fin de vie" du matériel (mais aussi les accidents, réparations, etc. )
Le problème des antifoolings toxiques, la gestion des polluants liés à la motorisation, aux peintures, aux huiles, etc. ne sont pas a priori propres aux navires militaires, outre pour les matériels ou matériaux "sensibles".
Le démantèlement et recyclage des sous-produits des navires (à propulsion nucléaire surtout) pose cependant des problèmes illustrés par les tribulations du porte-Avion Clémenceau («Q 790», ).
La convention de Hong-Kong du 11 mai 2009 mise en place par l'Organisation maritime mondiale (OMI) ne concerne en effet que les navires civils. Et les appels d'offres n'intègrent pas forcément les principes et critères élémentaires du développement durable.

A titre d'exemple, en France et en 2008, pour les navires de surface désarmés, une trentaine de navires (plus de 500 t chacun), pour un total d'environ 80 000 t étaient en attente de démantèlement à Landévennec surtout. Il faut y ajouter à peu près 5 000 t. correspondant 70 bâtiments auxiliaires et engins portuaires, puis 5 à 10 navires chaque année retirés du service (soit 10 000 t par an à peu près, de 2009 à 2014). 5 sous-marins de la série «Le Redoutable» étaient en attente de traitement en 2008. En 2008, 200 € étaient en moyenne indispensable pour traiter une tonne de coque métallique, et plus pour les coques dégradées qu'il faut traiter sur place [1].


Un passeport vert (fiche d'identité du navire en fin de vie listant surtout les risques potentiels induits par les matériaux et substances présents sur le navire (inflammabilité, explosivité, corrosivité, toxicité, éco-toxicité, CMR, …). ) a été proposé par l'OMI comme devant accompagner tout nouveau navires civils, pour rassurer les pays parlesquels ces navires devraiten transiter ou où ils devront être démantelés[7]. Le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suède et la France avaient déjà en 2008/2009 produit quelques passeports verts pour des navires militaires (la France a annoncé un investissement de 8 millions €. (1, 6 millions €/an, de 2008 à 2012, soit 100 000 € par navire pour cette période) pour en financer d'autres[8]).

Le cas de l'amiante

Le désamiantage est désormais à généraliser pour les blindés, navires et aéronefs qui contiennent presque tous de l'amiante, reconnu comme "déchets dangereux". À titre d'exemple, le Porte-avion Clémenceau contenait à peu près 700 tonnes d'amiante ou matériaux amiantés. Le ministère de la défense souhaiterait un aménageant le décret amiante de 1996[9]

Le cas des déchets électroniques, informatiques électriques et de bureaux

Les déchets banals et les déchets électroniques (DEEE) font l'objet de filières spécifiques, éprouvées ou en développement en Europe, etc. Les matériels "sensibles" doivent être broyés ou détruits avant que leurs matériaux puissent être recyclés.

Cas des déchet médicaux et vétérinaires militaires ;

Depuis l'antiquité, des armées se déplaçant rapidement d'un pays à l'autre, et fréquentant des zones à risque, ou en situation de guerre ont pu contribuer à véhiculer des microbes et diffuser des épidémies ou pandémies.
Les armées disposent fréquemment de dispositifs hospitaliers et sanitaires propres, qui peuvent aussi contribuer à des expériences ou exercices impliquant des organismes ou produits à risque (cf. armes bactériologiques, chimiques, nucléaires, etc. ou générant des déchets à risques (suite aux décontamination par exemple).

Autres cas spécifique

Pour l'historien et le rudologue (celui qui étudie les déchets), il existe aussi des catégories toujours floues, mais posant des problèmes environnementaux et de développement soutenable, tels que les déchets laissés sur les champs de bataille (séquelles de guerre) ou perdus lors des exercices.


Article détaillé : Gestion des déchets.

Notes et références

  1. Synthèse de 20 pages du Rapport (200 pages) sur le démantèlement des matériels d'armement, faisant suite à une mission sur le démantèlement des matériels d'armement conduite en 2008 par le CGARM (Xavier Lebacq, Franck L'hoir) et le Bureau-Environnement de la DMPA (avec états-majors et services concernés)
  2. résolution du parlement européen sur le trafic illicite des matières nucléaires () paragraphe C. de la page 1 du document référencé PE 182.023 (g :\PV_SEANCE\definiti\adoptes\94-09-29. FR)
  3. Brève (Nouvel'Obs/Science et Avenir sur le «trafic d'uranium, plutonium, césium...» ; Dec 2001, consultée 2009/07/17, (fr)
  4. Stephan Robinson, directeur du programme mondial de désarmement de l'ONG Green Cross Mondial
  5. Conférences organisé par le bureau d'études 3Bconseils et dont la synthèse a été communiquée au ministre de la Défense
  6. [ http ://www. defense. gouv. fr/sga/enjeux_defense/developpement_durable/strategie_nationale_de_developpement_durable Page du ministère de la défense sur ses missions au sein de la stratégie nationale du développement durable ] (page mise à jour 31/03/2009, consultée 2009 07 16)
  7. La convention régulant la fin de vie des navires émergera, au mieux, en 2015 (Article de Gaëlle Dupont pour Le Monde – du 2009/02/01)
  8. voir l'annexe, page 19/20 du DOSSIER DE PRESSE du mnistère de la défense, 2007/11/27 (consulté 2009/07/17)
  9. C'est une des propositions de la synthèse du rapport "Le démantèlement des materiels d'armement" (p 4/20)

Voir aussi

Liens connexes

Liens externes

Bibliographie

Recherche sur Amazon (livres) :



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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 08/12/2009.
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