Construction à biodiversité positive
Une maison est dite «à biodiversité positive» si elle abrite dans ses structures extérieures une biodiversité supérieure à ce qu'elle aurait naturellement été sur le site s'il était vierge de construction.
Catégories :
Écoconstruction - Architecture et urbanisme du développement durable - Développement durable - Architecture
Une maison (ou n'importe quelle construction humaine) est dite «à biodiversité positive» si elle abrite dans (ou sur ) ses structures extérieures une biodiversité supérieure à ce qu'elle aurait naturellement été sur le site s'il était vierge de construction.
Origine du terme
Après la naissance de l'«habitat passif», des architectes et des énergéticiens ont été plus loin en créant un concept de «maison à énergie positive» pour décrire les maisons produisant plus d'énergie qu'elles n'en consomment. Le concept de maison à biodiversité positive est parallèle à celle-ci.
Limites du concept
C'est une «cible» toujours expérimentale et théorique qui semble rarement pouvoir être atteinte, mais que l'architecte et l'habitant peuvent tenter d'approcher, dans le cadre d'une approche HQE ou quinzième cible HQE.
Histoire et origine du concept
L'architecture respectant les traditions des zones froides connaît les maisons couvertes de mottes de terre végétalisées, le plus souvent posées sur un lit d'écorces déroulées de bouleau. Les jardins de cours intérieures semblent avoir existé sur l'ensemble des continents. Ainsi, les jardins sur terrasses extérieures datent de l'Antiquité. On a surtout gardé le souvenir des légendaires jardins de Babylone, la seconde des sept merveilles du monde.
La végétalisation des terrasses avait alors a priori des vocations d'aménité et d'image.
Depuis quelques dizaines d'années des méthodes nouvelles sont développées. Des industriels fournissent :
- des godets prévégétalisés à disposer sur les terrasses ;
- des rouleaux prévégétalisés ne nécessitant ni entretien, ni arrosage, ni engrais (ils sont le plus souvent garni de sedums et reconstituent une strate rappelant la toundra ou la pampa), et peuvent être accrochés sur des pentes jusqu'à 35 % ;
- des lits de substrats spéciaux (argile ou ardoise expansée) pré-garnis de graines ou plantules, à étaler sur la terrasse par pompage à partir d'un camion au sol ;
Ces dernières solutions sont conçues pour être légères et ne pas nécessiter de renforcement inhabituel des structures portant les terrasses.
Il est courant que des architectes ou habitants fassent pousser des végétaux dans leur maison, les écoles, les bureaux, etc. Le plus fréquemment il s'agit de plantes vertes en pots, mais il arrive qu'on les plante dans le sol naturel, fréquemment dans une pièce vitrée qui sert de zone tampon. Un des problèmes posés, si la pièce est fermée et qu'il y a des parois froides, est la gestion de l'eau de condensation.
Depuis quelques années se développe aussi le concept de mur végétalisé intérieur. Exceptionnellement, on a conservé un arbre vivant qui émerge hors du bâtiment (ex : Accueil du Parc Hoge Veluwe aux Pays-bas), ou on en a planté dans le bâtiment (ex : Lycée HQE de Calais). Tout aussi exceptionnellement, l'architecte a planté de vrais arbres dans son bâtiment, à l'endroit où le volume disponible le permettait (ex : Lycée HQE de Calais, où des arbres poussent dans le sol naturel qui a cet lieu n'a pas été entièrement couvert par la dalle isolante, dans une cour intérieure couverte d'une verrière). Dans tous ces cas, les objectifs étaient plutôt esthétiques et/ou visaient la qualité de vie, la qualité de l'air. Les espèces plantées sont d'ailleurs fréquemment exotiques.
Dans les années 1990/2000, le souci de protection de la biodiversité rejoint celui de remboursement de la dette écologique du bâti, pour aboutir à cette notion d'architecture à biodiversité positive. C'est un des concepts approchés depuis la fin des années 1990 par un projet de quinzième cible HQE.
Le principe
Biodiversité ne doit pas être confondue avec diversité : ce n'est pas la simple multiplicité de plantes et d'animaux qui est ici recherchée, mais le maintien de leurs interrelations et fonctions écosystémiques (à titre d'exemple, un zoo n'est pas la Nature, pas plus qu'un arboretum ou une collection horticole).
Ce sont les espèces naturellement et normalement présentes sur le site concerné qu'on cherche ici à préserver et faciliter. Cette Biodiversité doit - par définition - pouvoir naturellement évoluer dans le temps et l'espace. Il est par conséquent indispensable de prendre en compte le contexte et la connectivité écologique.
On ne trouvera pas sur une maison les mêmes espèces que sur un chêne de 500 ans qui aurait occupé le même espace au sol ou le même volume, mais l'objectif est de permettre une biodiversité, une Biomasse (écologie) , une nécromasse et des fonctions écosystémiques qui approcherait au moins celle qu'on trouverait autour d'un objet minéral évoquant la forme de cette maison, mais qui aurait été colonisé depuis longtemps par la Nature (imaginons un rocher qui aurait la forme extérieure du volume construit).
L'idée d'une biodiversité positive vient aussi du fait qu'il faudrait aussi rembourser la dette élargie des usagers du bâtiment ou des infrastructures (cf. impacts des véhicules, du matériel, chauffage, etc. )
Dans cette approche, le bâti :
- sert de support physique à des plantes grimpantes qui elles-mêmes abriteront et alimenteront d'autres espèces, dans l'intérieur des murs, fondations, poteaux, vides, etc. ) ;
- est conçu de façon à intégrer des structures-nichoirs ;
- est conçu de façon à développer des micro-habitats, peut-être dégradables (brique de bois amovibles pour les invertébrés xylophages) ;
- est accompagné d'autres mesures compensatoires, dans le jardin s'il existe et sur les éléments fabriqués annexes (murs, clôtures, mobiliser urbain, poteaux, accès, etc).
Une cible, pour l'architecte
C'est une cible à atteindre, qui peut aussi être incluse dans la première cible retenue par l'approche HQE. La performance, qui implique une double obligation de moyens et de résultat. L'obligation de résultat implique une obligation de "mesure".
La mesure
La biodiversité n'est pas strictement mesurable par la métrologie classique. De nature principalement complexe, elle est complexe à quantifier et même à qualifier par exemples pour ses aspects génétiques. Elle est relative, au contexte écologique local. On mesure par conséquent la performance comparé à cette cible via quelques bioindicateurs (animaux, végétaux et peut-être fongiques), à choisir avec un écologue, suivant les caractéristiques biogéographiques du site.
Comment ?
À titre d'exemple ;
- une terrasse végétalisée, un mur végétalisé, garni de nichoirs ou de structures permettant aux plantes grimpantes de s'y épanouir et d'accueillir leur faune associée augmentent la biodiversité ;
- une clôture ou un mur peut être garnis de plantes grimpantes et/ou de structures nichoir ;
- une clôture de type mur peut être remplacée par une haie, ou par un fossé (végétalisé), plus écologiquement perméable, ou au pire par un mur végétalisé ; Un fil électrifié peut aussi être utile s'il s'agit de protéger des cultures ou enclore des animaux.
- sous l'eau : l'équivalent de ce concept peut être celui de récif artificiel qui peut fortement multiplier l'offre en habitats et en refuges, permettant d'accroître par 20 à 30 la biomasse. Les expériences de récifs artificiels se comptent désormais par milliers en eaux marines et ouvertes, mais sont particulièrement rares en eau douce et fermées. Les supports seront alors une pile de pont, un pied d'éolienne offshore, une berge artificielle ou divers éléments d'infrastructures portuaires immergées, etc. )
Voir aussi
Liens externes
- (en) Guide pour la la conception et la construction "soutenable" destiné aux aménageurs œuvrant avec ou pour la ville anglaise de Swindon Voir Chapitre B1 : intégration de la biodiversité dans le bâti (Building-integrated biodiversity), et Chapitre B2 : liens avec le réseau de corridors biologiques (Link with wider “green infrastructure”).
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