Clôture Haute Qualité Environnementale
Au même titre que les infrastructures de transport - qu'elles enclosent quelquefois - les clôtures contribuent à la fragmentation écopaysagère qui devenue une des premières causes de régression de la biodiversité.
Catégories :
Architecture et urbanisme du développement durable - Développement durable
Au même titre que les infrastructures de transport - qu'elles enclosent quelquefois (Cf. Autoroutes, TGV, voies privées.. ) - les clôtures contribuent à la fragmentation écopaysagère qui devenue une des premières causes de régression de la biodiversité. Pour certaines espèces et selon le type de clôture, l'Europe est ainsi fragmentée en dizaines à centaines de millions de morceaux par des clôtures. Les impacts de cette fragmentation commencent à peine à être étudiés.
Une clôture dite de «Haute Qualité Environnementale» (HQE) est conçue pour diminuer l'impact de ses matériaux, de son transport, de sa mise en œuvre et de l'entretien de la clôture sur la biodiversité, que ce soit en zone agricole, dans une zone commerciale ou industrielle ou autour de jardins publics ou privés.
Objectifs
L'objet apparemment contradictoire de clôture dites HQE est de limiter un terrain ou d'en interdire l'entrée, tout en donnant la possibilité que de nombreux animaux sauvages puissent y entrer et en sortir, en raison du fait que leurs habitats naturels et non fragmentés sont de moins en moins nombreux et étendus. Certains clôtures ont en effet le défaut d'aggraver le phénomène de fragmentation écopaysagère en entravant l'accès d'un nombre croissant d'habitats naturels ou de substitution, et par conséquent de sources de nourriture, de lieux de repos, d'habitat ou de reproduction indispensables à la survie de nombreuses espèces.
Ce type de clôtures participe à l'approche architecturale dite à Haute Qualité Environnementale. Les approches de type quinzième cible HQE consistent à concevoir la clôture comme un filtre, laissant sélectivement passer certaines espèces jugées indésirables, pour tenter de contribuer au remaillage des paysages par des corridors biologiques. Elles invitent aussi leurs concepteurs et propriétaires à les végétaliser ainsi qu'à les concevoir et gérer de façon à ce que ces clôtures elles-mêmes offrent des niches écologiques de substitution aux espèces qui les perdent.
Cas des clôtures naturelles
Les clôtures naturelles sont généralement, plus adaptées au passage de la faune sauvage.
On peut envisager et combiner différents types de clôtures peu artificialisantes, dont par exemple :
- La haie champêtre utilisée depuis des siècles comme clôture, peut-être associée à un talus ou fossé, servant à se protéger du regard d'autrui, des excès du climat, de l'érosion des sols, tout en offrant du bois d'œuvre ou de chauffage et en servant de corridor biologique.
Le choix d'essences locales, naturelles et adaptées renforce son intérêt pour la biodiversité et sa résilience. Pour respecter l'environnement, il est conseillé d'éviter les haies monospécifiques et uniformes, plus sensibles aux aléas climatiques ainsi qu'aux maladies et moins appréciées de la faune. On peut privilégier les espèces qui produiront des baies et fruits comestibles pour la faune et l'avifaune, avec par exemple, pour une région du centre de l'Europe de l'Ouest ; la viorne obier, le sureau noir, le cornouiller sanguin, le cornouiller mâle, le sorbier des oiseleurs, l'alisier, le noisetier, le charme, le houx ou encore l'aubépine, l'églantier et le prunelier. Le chèvrefeuille embaumera les soirées d'été. Le troène ou le buis isoleront visuellement. Le pied de la haie ne doit pas être désherbé, il peut accueillir une flore riche, dont la fraise des bois.
Une haie champêtre est particulièrement favorable au maintien de la biodiversité dans le jardin, le champ ou la zone d'activité. C'est le dernier refuge des coccinelles et des carabes respectivement grands prédateurs des pucerons et limaces. Le haies anciennes abritent et attirent les rapaces nocturnes et chauve-souris qui contrôlent les populations d'insectes et de rongeurs indésirables. Des espèces comme le houx (mâle), l'aubépine ou l'églantier attirent précocement au printemps une grande variété d'insectes pollinisateurs (syrphes, guêpe et abeille). En automne, les fruits de l'aubépine (cenelle) et de l'églantier (cynorhodon) particulièrement riches en vitamines sont particulièrement appréciés des oiseaux sédentaires ou de passage. En hiver, la haie offre un refuge à l'abri du froid et des intempéries pour de nombreuses espèces (oiseau, musaraigne, hérisson). Le lierre offre aux abeilles le dernier pollen de l'automne et les premiers fruits aux oiseaux de retour de migration en fin d'hiver.
- Un simple fossé assez large, profond et vaseux est le plus souvent aussi dissuasif et complexe à franchir qu'une clôture. Certains petits animaux pourront néanmoins le traverser. Comme ses berges, il peut aussi avoir une fonction de petit corridor biologique et/ou d'épuration et stockage d'eau.
- Les ronciers et haies d'épineux (aubépine, prunellier en Europe) forment des clôtures efficaces et un habitat important pour la faune, mais nécessitent un entretien.
Cas des clôtures artificielles
Une grande variété de matériaux est utilisée pour construire une clôture : bois, pierre, brique, parpaings, grillage, fils barbelés ou électrifiés, etc.
Plus une clôture est "ouverte", plus elle facilite le passage des animaux ; une clôture en fils barbelés sera écologiquement plus «perméable» qu'un grillage, lui-même plus perméable qu'un mur en brique ou en béton.
Quand la clôture existe déjà, on peut augmenter son potentiel écologique par quelques aménagements.
- Une première solution consiste à faire des ouvertures de diamètres variables au pied de la clôture. Cela permet le passage des petits mammifères (hérisson, renard peut-être). Cependant, ce type d'aménagement offre, selon le diamètre des ouvertures, une entrée potentielle aux chiens errants ou à quelques espèces indésirables.
- Une autre solution expérimentée[1] en Grande-Bretagne et jusque dans Londres dans le cadre de la restauration des corridors biologiques pour les renards, est de placer de chaque côté du mur ou du grillage une échelle en pente douce. Les barreaux de cette échelle sont conçus judicieusement : ils résistent au passage d'un renard mais cèdent sous le poids d'un homme. Le rôle de la clôture n'est pas altéré. L'échelle peut peut-être être recouverte de lierre ou de tout autre épiphyte.
- Si les deux solutions précédentes ne sont pas applicables, on peut alors végétaliser les murs. (Voir l'article Mur végétalisé)
Précautions
Certaines clôtures sont utiles à la protection d'animaux, pour se prémunir d'espèces invasives ou envahissantes, ou par exemple pour protéger les amphibiens du roadkill (écrasement sur les routes). On peut ainsi protéger les batraciens en migration (y compris tritons et salamandres) des dangers d'une route par une petite clôture à maille fine ou en matériaux lisses, pourvue d'un revers pour que les animaux capables de grimper sur des parois perpendiculaires ne puissent pas la franchir (les tritons par exemple, sont capable de monter sur une paroi en verre d'un mètre de haut). Cette paroi peut les guider vers un petit écoduc de type crapauduc ou batrachoduc
Références
- ↑ Source : Publications du London Ecology Unit, sur la protection du Renard
Voir aussi
Liens externes
Bibliographie
- Jean-François Noblet, La nature sous son toit, Ed. Delachaux et Niestlé.
- Faune sauvage, invitez-la au jardin !, Les Quatre saisons du jardinage, n° 159, Juillet-août 2006, p 40 à 44.
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