ATFS

Pour l'association homonyme, voir Association of Track & Field Statisticians



Catégories :

Sylviculture - Écolabel - Développement durable

Pour l'association homonyme, voir Association of Track & Field Statisticians (ATFS)

La certification sylvicole ATFS (American Tree Farm System)

Origine

La notion et le mot Tree farming, mais aussi l'idée de les associer à un label sont nés aux États-Unis dans les années 1940.

Il s'agissait pour les propriétaires forestiers privés de répondre aux critiques croissante du public qui les accusait déjà de couper ou laisser couper les arbres à une vitesse et ampleur dépassant les possibilité de renouvellement de la forêt, sans même reboiser, ce qui entrainait outre une dégradation du paysage, de l'eau, de l'air (cf. érosion hydraulique et éolienne), un recul manifeste de la faune (disparition du gibier, du saumon dans les cours d'eau devenus turbides et/ou envasés par les coulées de boues). Certains s'émouvaient aussi du fait que les populations locales et autochtones amérindiennes perdaient des ressources alimentaires ancestrales (chasse, pêche, écorce de bouleau, fruits et champignons des bois... )

L'ancêtre des écolabels ?
L'ATFS est un label qui a en premier lieu voulu montrer montre au public que certains forestiers pouvaient cultiver la forêt en replantant ce qu'ils avaient coupé, sans ensuite obligatoirement affecter d'autres forêts, surtout forêts primaires tempérées déjà relictuelles à cette époque aux États-Unis.
Le label a en premier lieu et en particulier été utilisé pour certifier des monocultures de résineux, peupliers ou des cultures de sapins de noël. C'est en 1941 que la première «ferme d'arbre» a été labellisée dans l'état de Washington.

D'autres propriétaires forestiers ont ensuite adopté le label en Californie, puis dans 46 États. Et le concept fera école ailleurs avec plus ou moins de succès pour les cultures d'hévéa, eucalyptus ou palmier à huile...

Si la notion de durabilité a été affirmée dès 1941, celle de soutenabilité n'est apparue que dans les années 1990 face aux remarques des scientifiques qui ont montré que des alignements monospécifiques de clones de même classe d'âge produisaient un agrodispositif extrêmement appauvri et fragile, particulièrement éloigné des riches écodispositifs forestiers.

Vérification

Une inspection de la forêt est faite l'ensemble des 5 ans.

logo de la certification ATFS

Dans une forme ronde inscrite dans un carré est inscrit «certified TREE FARM» Sur chacun des côtés du logo carré qui contient ce rond sont inscrits 4 mots résumant les priorités du label.  :

Water (eau)
Wildlife. (vie sauvage)
Recreation (loisirs)
Wood (bois).

Au-delà de l'exploitation commerciale

Le label a été explicitement ouvert aux propriétaires qui ne veulent pas couper leurs arbres, à condition que leur boisement ait une vocation récréative ou de protection de l'eau ou de la biodiversité. Ceci a accru la sympathie du public pour le label, mais on ignore le % de la surface certifiée ainsi gérée.

Critiques

Progressivement, la biodiversité, puis la composante aménitaire (loisirs, écotourisme, belle nature, Wilderness, concepts importants aux États-Unis.. ) ont pris au sein de l'ATFS de l'importance comparé à la renouvelabilité par replantation, sans cependant d'exigence précise sur la naturalité ou la diversité génétique. La biodiversité elle-même a pris une importance croissante, mais elle reste pour certains propriétaires une notion floue ou réduite au mieux au gibier, au poisson ainsi qu'aux champignons).
On a reproché à ce label ainsi qu'à d'autres d'avoir en premier lieu été fait par des propriétaires pour des propriétaires, mais aussi de certifier une grande variété de gestion, de qualité particulièrement inégale, du plus intensif à des boisements où la nature laissée à elle-même. Ce label n'impose en effet pas de seuils, d'indicateurs ou d'objectifs précis ou chiffrés, ni ne prend en compte les droits ancestraux de populations amérindiennes ou inuit.
L'inspection quiquennale de la forêt est faite par un des 4 400 inspecteurs forestiers volontaires de l'association (volunteer inspecting foresters), mais ces inspecteurs, s'ils présentent l'avantage de ne pas être payés peuvent-ils être reconnus comme "indépendants" ?
Le label veut garantir le respect de normes internes, et s'appuie sur une sorte de règle commune et un guide de bonnes pratiques (standards and guidelines), mais ce cadre est jugés particulièrement sommaire par les détracteurs du label. Certains s'étonnent aussi du sponsoring de BASF, devenu l'un des grands producteurs de pesticides[1], dont certains utilisés pour la culture des arbres.

Le forestier doit décrire ses ressources (bois et dérivés du bois, habitats de la faune sauvage, qualité de l'eau, récréation, et "autres» (sites remarquables, habitats piscicoles.. ), dresser un état des lieux, une cartographie, la liste des enjeux et actions prioritaires (incluant le reboisement) et renseigner la liste des actions effectuées. Mais les indicateurs scientifiques précis manquent, tout comme les obligations de résultat ou de preuves.

Évolution

En 2001, un autre label, le PEFC a invité les forestiers américains à le rejoindre, envisageant une reconnaissance mutuelle avec SFI et ATFS pour faire contrepoids à l'écolabel forestier FSC que énormément d'associations de propriétaires forestiers ont en premier lieu jugés trop strict, même s'il semble beaucoup plébiscité par le grand public, les acheteurs et des ONG environnementales mondiales.

En 2001, l'ATFS a signé un accord de reconnaissance mutuelle avec le SFI et s'est fait auditer par Price Water House pour envisager une reconnaissance mutuelle avec d'autres labels, dont PEFC (acquise le 19 juillet 2001). l'ATFS a fait l'objet d'une étude du groupe indépendant Meridian Institute et d'un panel d'expert pour le comparer avec le DFI et le FSC. (source : AFOCEL, infobrève 29).

Notes

  1. BASF produit l'insecticide Régent TS accusé de décimer les abeilles

Liens externes

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