Allée Haute Qualité Environnementale
Cet article est un complément de l'article Biodiversité dans le bâti et le jardin. Il présente une vision différente du jardin généralement afin d'y accueillir la biodiversité principale envisageable.
Catégories :
Architecture et urbanisme du développement durable - Développement durable
Cet article est un complément de l'article Biodiversité dans le bâti et le jardin.
Il présente une vision différente du jardin généralement afin d'y accueillir la biodiversité principale envisageable.
Les allées sont des éléments structurant des forêts, Parcs et jardins (individuels ou publics.. ). De même qu'une démarche «route HQE» existe, la démarche Haute Qualité Environnementale semble pouvoir concerner les allées.
Une allée matérialise un itinéraire et/ou favorise le déplacement. Élément d'une coulée verte, elle pourra, avec une écoconception et une gestion adaptée développer des vocations environnementales et paysagères fortes, jusqu'à pouvoir jouer un rôle de corridor biologique, au moins pour certaines espèces.
Cependant, tout comme les infrastructures du réseau de transport, quoique moindrement, les allées fréquentées et construites «en dur» sont aussi responsables de la fragmentation écopaysagère à l'échelle du jardin, d'une zone naturelle ou semi-naturelle.
Une allée HQE, pourquoi ?
Maîtrise de la fréquentation dans l'espace et le temps
Le nombre, le positionnement et l'aménagement judicieux des allées peuvent contribuer à maîtriser la fréquentation des zones fragiles ou vulnérables à la surfréquentation d'un site, dans des lieux publics, comme dans le jardin privé. Chemins et sentiers sont à ne pas négliger dans la gestion (écologique et différenciée) des espaces verts accueillant du public, de façon à diminuer leur incidence sur la vie sauvage.
Restaurer les ruptures du continuum thermo-hygrométrique
Certains animaux (surtout invertébrés dont insectes du sol, certains amphibiens et micromammifères) sont particulièrement sensibles à la température ainsi qu'à l'hygrométrie des milieux traversés. La majorité des animaux utilisent leur odorat pour se déplacer et ont besoin que le sol soit végétalisé pour se sentir en sécurité. Or, une allée réalisée en matériau imperméable peut provoquer une rupture du continuum thermo-hygrométrique et par voie de conséquence, une barrière infranchissable pour certaines espèces. Dans la mesure du possible, les allées ne doivent par conséquent pas être réalisées avec des matériaux imperméables, ni avec des matériaux toxiques (cendres d'incinérateurs, mâchefers, etc. ) Diverses solutions permettent de rendre les allées plus favorable à la libre circulation de la faune.
Alternatives ou améliorations envisageables
Des allées «en dur» et clairement matérialisée sont utiles pour certaines personnes (personnes à mobilité réduite) et/ou dans certaines zones (en présence d'eau surtout), elles ne sont cependant pas nécessaires partout ni toute l'année. Quelquefois on cherchera à faire le moins d'allées envisageable pour ne conserver que celles qui sont indispensables. En cas de forte fréquentation, multiplier les allées est aussi un moyen de disperser la pression.
Diverses précautions peuvent perfectionner les fonctions environnementales de ces infrastructures :
- on peut chercher à focaliser la fréquentation sur des zones "sacrifiées" et ainsi d'en préserver d'autres ;
- S'il s'agit de promenade, leur tracé sera plutôt sinueux. On évitera dans l'ensemble des cas les réseaux quadrillés de ligne droite, qui amènent le public à prendre des raccourcis ;
- Leur aspect ne doit pas être négligé. Le public les empruntera volontiers si la marche y est agréable (le mulch peut produire des sols souples).
- Leur destination peut correspondre à un objectif et conduire vers des points d'intérêt manifestes, ceci pour éviter les passages hors sentier ;
- Les boucles permettent de ne pas revenir sur ses pas.
- L'utilisation de barrières naturelles (ronciers, arbuste épineux, , zones boueuses …) sert à canaliser la fréquentation sur ces sentiers ;
- Une signalétique adaptée peut être utile pour une utilisation cohérente d'un réseau de sentiers ;
- Les envisageables problèmes d'érosion, en cas de passage important et de fortes pentes, doivent être anticipés. De même la flore sensible au piétinement doit être identifiée.
- Des sentiers évolutifs dont le tracé changera périodiquement sont envisageables.
- l'adjonction d'une noue, d'un fossé, de mares, de murets, murs végétalisés et d'une végétation buissonnante ou arborée, autochtone augmente leur intérêt écologique et paysager.
Allée enherbée
Hormis dans les zones arides ou particulièrement fréquentées, les sols enherbées sont les plus environnementalement souhaitables. La gestion «écologique et par conséquent différenciée» évite toute gestion uniforme, en laissant évoluer le plus naturellement envisageable un pourcentage significatif de la surface concernée. La tonte pouvant être une manière de faire les de très belles allées dans un espace qui sera lui simplement fauché une ou 2 fois l'an (après la mi juillet). (Voir l'article : gestion différenciée)
Une simple bande enherbée, tondue plus régulièrement qu'ailleurs peut former une allée appréciée, en sous-bois, sur le bord d'un cours d'eau, entretenant mieux les fonctions de corridor biologique qu'un chemin de halage en dur.
Les avantages de ce type d'allée sont multiples : grande perméabilité au passage de la faune, pas de rupture du continuum thermo-hygrométrique, L'inconvénient étant sa fragilité aux passages répétés si le substrat est fragile et la fréquentation élevée.
Les pas japonais
Un «pas japonais» est une suite de dalles de forme irrégulière, prévues pour un usage piétonnier, qu'on dispose pour former une allée. Habituellement en pierre ou béton, les pas japonais peuvent aussi être en bois. Ils sont alors moins résistant aux conditions climatiques extérieures. Les pas japonais proposent une alternative intéressante au dallage classique. Outre leur aspect esthétique, ils permettent de matérialiser l'allée sans parcelliser ni écologiquement fragmenter un espace végétalisé ; la faune peut alors s'y déplacer plus aisément entre les pierres.
Le plancher surélevé
Dans les zones humides, il peut être intéressant d'installer un plancher surélevé, ou des structures de type pont japonais. La faune peut alors continuer à passer en dessous du plancher, dans ou sur un sol non damé, et les utilisateurs peuvent se promener en gardant les pieds propres et secs.
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